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avec Djolof Mbengue, Delphine Zingg, Samir Guesmi, Theophile Moussa
Sowie, Thierno Ndiaye
Dakar et Paris,
deux mégalopoles que l'on nous présente dans un imbroglio
d'images (activité économique, diversité architecturale,
contrastes climatique et culturel). Dans l'entre-deux, El Hadj,
étudiant sénégalais à Paris, a en ligne
de mire deux objectifs, fixé depuis l'enfance ; réussite
universitaire (préparation d'un mémoire), encouragé
en cela par ses amis étudiants, sénégalais
eux aussi, et retour au pays, la tête bien pleine, mais découragé
en cela par ces même amis, devenus eux plus parisiens que
sénégalais. Tout semble couler de source pour notre
étudiant, mais un oubli de quelques jours sur la validité
de sa carte de séjour vient tout remettre en cause. La machine
administrative et judiciaire est mise en branle et dévale
sur le héros, comme un rouleau compresseur.
Comment un grain de sable peut-il enrayer une machine à rêve
et la transformer en une carcasse à l'abandon ? Question
à laquelle s'efforce de répondre Alain Gomis de manière
limpide et sentimentale, appuyé pour cela par un scénario
chronologiquement bien rythmé. Une fois de plus, un artiste
se penche sur une histoire à la fois connue et méconnue.
Chacun a, dans son entourage proche, un étudiant étranger
que l'on sait sans trop de ressources, reclus avec ses livres et
son savoir, dans une cité U d'un autre âge. Mais comment
un érudit vit-il cette situation de déracinement et
le regard porté sur lui par dans cette société
? Il s'interroge sur son retour imminent dans un pays qui change
et évolue sans lui et cela depuis plusieurs années.
Une situation complexe, pour un homme fragilisé, qui se retrouve
dans un no-man's land, cette "Afrance", un lieu que l'on
pourrait qualifier d'enfer psychique. Ce récit pourrait être
une dénonciation de ces assassinats moraux, parfois même
physiques, qui laissent des hommes et des femmes à la dérive,
pour qui toute illusion est gommée par une réalité
qu'ils n'assument plus et faisant de leur quête un échec.
Regarder, pour comprendre un homme en lutte, c'est la proposition
de Gomis pour son premier long métrage, à la frontière
entre fiction et documentaire.
Reynald
Anglio
(janvier 2002)

http://www.afrik.com/journal/decouverte/?dec-383-7.htm
http://sortir.lemonde.fr/article/0,4462,260467,00.html
http://allafrica.com/stories/200110020099.html
http://www.art-et-essai.org/GROUPACTIONFILMS/lafrance.htm
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