réalisé par François Armanet

scénario F. Armanet et Jean Helpert
France, 2002, durée : 93 minutes

avec
Mathieu Simonet, Cécile Cassel, Aurélien Wiik, Alice Taglioni, Matthias Van Khache, Laurent Pialet

sortie le 17 avril 2002


Invitation à une reconstitution historique de la fin des années 60 dans le milieu des lycéens ; nous sommes plus précisément en 1966, à Paris ; Philippe et Marc, dans leur tenue d'apparat (chemise cintrée à col boutonné, Loafers bien cirées aux pieds, Ray-Ban, même sans soleil) écument toutes les fêtes et boîtes à la mode en quête d'aventures amoureuses ; un simple baiser suffit à les combler, jusqu'au jour où un baiser plus brûlant que les autres fait chavirer le coeur de Philippe vers Charlotte. Une course sentimentale débute pour notre couple, que la timidité et la gêne viennent contrecarrer, mais qui trouvera son apogée lors de vacances sulfureuses et initiatiques...

Bien que la reconstitution soit intéressante pour sa fidélité, le récit reste poussif, surtout dans la deuxième partie. Il est vrai que l'époque était plutôt encline au genre sentimental, mais l'on aurait préféré que d'autres personnages soient à l'image de Nathalie (amie des deux"minets") qui, derrière une façade de jeune bourgeoise soignée, cache un caractère de braise. Les scènes romantiques (sur fond de mer à la David Hamilton) sont mièvres, ennuyeuses, à la limite du mauvais roman photo. Là aussi ce romantisme pourrait être plus sensuel, à l'image de la judicieuse bande son piochée dans la longue et riche discothèque de la Stax. Le sujet abordé, la jeunesse, aurait pu donner lieu a un film "aux odeurs" cultes : on se souvient entre autres des Commitments ou encore de Quadrophenia (pour l'époque). Malheureusement, malgré quelques tentatives, le romantisme vient casser le rythme effréné d'un âge aux nombreux bouleversements historiques (mai 68 approchait).
C'est de plus,"une époque que les moins de vingt ans ne pouvaient pas connaître", comme le dit la chanson, mais le film peut être vu par les plus de cinquante ans, sans doute avec nostalgie. La mèche (de cheveux), si elle est toujours là, reprendra peut-être des couleurs...
Une mention toute particulière pour son jeu à Alice Taglioni dans le rôle de Nathalie l'enjôleuse.

R. Anglio
(avril 2002)

 

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