Nathalie Kuperman


Mensonges et vérité

L’école des loisirs (mouche), 2007

L’Heure bleue
L’école des loisirs (médium), 2007

 

 

Surenchères mensongères

Mensonges et vérité est un joli texte autour de l’éternel problème du mensonge : perçu comme la seule solution à une situation impossible (avoir un zéro en contrôle de lecture, par exemple), c’est la branche à laquelle se raccroche la jeune héroïne de ce court roman.

Tout commence avec un mensonge énorme (on songe à celui qu’emploie Antoine Doinel dans Les Quatre cent coups de Truffaut), puis des petits car il faut bien étayer une fiction qui déraille de tous côtés. Tout cela forme une bombe qui explose à la fin du roman après avoir été l’occasion de scènes savoureuses (la maîtresse, caricaturale à souhait, est assez réussie).
La chute la plus marquante (c’est un récit à plusieurs facettes, il y a plusieurs chutes) est surprenante, pour le personnage comme pour les lecteurs, pour la plus grande confusion du premier et le plus grand plaisir des seconds.


Famille endeuillée cherche issue

Avec L’Heure bleue, Nathalie Kuperman propose un récit marqué par la tristesse et l’acrimonie. Mary, l’héroïne, n’a pas supporté trois ans plus tôt la mort de sa mère, ne l’accepte toujours pas et accepte encore plus mal que son père songe à refaire sa vie.
Le récit est mené à la première personne, ce qui lui donne une coloration souvent pathétique. Confidences à son journal (qu’elle appelle son mamamaman), à son ami Martin, garçon timide qui ne s’exprime bien que de loin ; souci de sa petite sœur, prête à pactiser avec l’usurpatrice, guerre entrecoupée de trêves avec son père, et attaques frontales contre son ennemie, le récit progresse jusqu’à la mise en danger de l’héroïne.
Mais il y a heureusement une grand-mère de bon sens qui permet le retour au réel, le début du deuil enfin accepté, et surtout une fin apaisée pour ce roman plein de rage.

Anne-Marie Mercier-Faivre
(novembre 2007)

Anne-Marie Mercier-Faivre est professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

 

lire aussi


Cinq sorcières, Nathalie Kuperman, ill. Jean-Luc Englebert, Mouche de l’école des loisirs, 2005, dès 6 ans

Laides et repoussantes à souhait, les présentes sorcières, anciennes et nouvelles créations de l’auteur, acceptent de faire quelques entorses à leur réputation. Rapapouille devient coquette pour son prince charmant, Joukipic apprécie le chocolat sans crachat, Crimini achète comme tout le monde ses gigots chez le boucher et Clochemine soigne sa fille en maman attentionnée ; quant aux ennemies de Crapeluche, voilà qu’çelles prennent l’habitude de se laver les dents.
Les récits courts et structurés de Nathalie Kuperman, fidèlement illustrés, répondent à l’attrait naturel des jeunes lecteurs pour les descriptions monstrueuses, les mixtures répugnantes et les mots aux résonances burlesques. Mais les sorcières traditionnelles se révèlent ici presque sympathiques et humaines… On leur pardonne de continuer à s’asperger du parfum « Pet-de-puce sauvage ». A lire et à relire, pour mimer le dégoûté et rire à volonté. M.Falgayrac (mai 2005)

http://www.ecoledesloisirs.fr