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C'est
sans doute lorsque l'on aborde des oeuvres moins connues de compositeurs
célèbres que l'on apprécie le mieux leur
musique. Sans à priori, sans tout ce qu'on est sensé
connaître d'analyses musicales, d'anecdotes, de périodes
etc… Cette soirée de l'auditorium avait une programmation
musicale réfléchie : la symphonie n°4 de Beethoven,
le concerto pour piano n°1 de Bartok, et la symphonie n°
9 de Chostakovitch. Toutes, des œuvres pour différentes
(fausses) raisons considérées comme mineures.
Beethoven d'abord. Cette symphonie a le tort d'être comprise
entre la troisième et la cinquième, et en plus elle
n'est pas " sérieuse ", " grandiose ", elle est gaie, enjouée !
Beethoven y déploie tout son talent, son imprévisibilité
et comme pour chacune de ses pièces, c'est sa foi en l'humanité
que l'on ressent. L'adagio est fabuleux, d'une sérénité
et d'un mystère communicatif. Cet orchestre National de
Lyon a décidément une âme, construite avec
Emmanuel Krivine et qui perdure. Le chef invité ce soir,
Yakov Kreizberg – directeur musical actuel de l'Opéra-Comique
de Berlin – a su trouver le ton et la manière pour diriger
cet orchestre.
Le concerto pour piano de Bartok dont le compositeur lui même
s'étonnait " de ce que l'on veuille émettre sur
les ondes de radio une musique aussi 'dégénérée' " ,
a souvent la réputation d'être une œuvre expérimentale
et pourtant … Il est certain qu'elle est peu basée sur
la mélodie et davantage sur la rythmique ; le piano, instrument
parmi d'autres, percussion parmi d'autres, était tenu par
Aleksandar Madzar, impeccable. L'Andante, parenthèse calme
par rapport au rythme endiablé des deux autres mouvements
est intriguant. Le piano et les percussions, très mélodiques,
s'entremêlent et les autres instruments se taisent sans
que cela surprenne.
Enfin, la neuvième de Chostakovitch. Caustique, imprévue,
on comprend qu'elle ait déplu aux édiles du stalinisme.
Quel paradoxe quand on pense qu'il n'y a pas si longtemps, en
France, Chostakovitch était peu joué par suspicion
de communisme ! Pleine d'humour et de vivacité cette symphonie
n'en est pas pour autant dénuée de sensibilité. Dans
le largo, Louis-Hervé-Maton a interprété
un magnifique solo de basson tout en sobriété et
rondeur.
Il est rare de sortir totalement emballé par un concert.
Des détails soignés (un horaire à 18 heures
permettant à un jeune public d'apprécier l'auditorium,
une plaquette de programme très bien conçue), une
programmation judicieuse et ô combien intéressante,
un chef et un orchestre en harmonie. Voilà de quoi vivre
la musique autrement.
Barbara
Marmonier
Actuellement
directeur musical de l'Opéra Comique de Berlin, Yakov
Kreizberg est régulièrement l'invité
des plus grandes phalanges internationales et des festivals de
Glyndebourne et des BBC Proms où il fit des débuts
remarqués avec le BBC Symphony Orchestra en 1993.
Aleksandar Madzar joue régulièrement avec
les plus grandes phalanges et est l'invité des plus grands
festivals internationaux. En 1990, il débutait avec l'Orchestre
Philharmonique de Berlin sous la direction de Ivan Fischer.
Auditorium
de Lyon
89 rue de Bonnel
69003 Lyon
04 78 95 95 95

Bartok
http://www.hnh.com/composer/bartok.htm
(des morceaux en écoute)
http://www.ifrance.com/100MUSIQUE/Histoire/
Compostr/Bartok.htm
http://www.classiccd.co.uk/reference/composers/bartok.html
Dmitri Chostakovitch
http://www.devinci.fr/chostakovitch/
voir
aussi : concert symphonique
sur Sitartmag
Beethoven
voir
la page Festival du Vieux-Lyon (décembre
1999)
site
comportant de nombreux liens
http://perso.wanadoo.fr/beethoven/
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