le 19 et le 21 octobre 2000
l'Orchestre National de Lyon

direction Yakov Kreizberg
piano Aleksandar Madzar

Beethoven, symphonie n°4
Bartok, Concerto pour piano n°1
Chostakovitch, Symphonie n° 9

 

C'est sans doute lorsque l'on aborde des oeuvres moins connues de compositeurs célèbres que l'on apprécie le mieux leur musique. Sans à priori, sans tout ce qu'on est sensé connaître d'analyses musicales, d'anecdotes, de périodes etc… Cette soirée de l'auditorium avait une programmation musicale réfléchie : la symphonie n°4 de Beethoven, le concerto pour piano n°1 de Bartok, et la symphonie n° 9 de Chostakovitch. Toutes, des œuvres pour différentes (fausses) raisons considérées comme mineures.
Beethoven d'abord. Cette symphonie a le tort d'être comprise entre la troisième et la cinquième, et en plus elle n'est pas " sérieuse ", " grandiose ", elle est gaie, enjouée ! Beethoven y déploie tout son talent, son imprévisibilité et comme pour chacune de ses pièces, c'est sa foi en l'humanité que l'on ressent. L'adagio est fabuleux, d'une sérénité et d'un mystère communicatif. Cet orchestre National de Lyon a décidément une âme, construite avec Emmanuel Krivine et qui perdure. Le chef invité ce soir, Yakov Kreizberg – directeur musical actuel de l'Opéra-Comique de Berlin – a su trouver le ton et la manière pour diriger cet orchestre.
Le concerto pour piano de Bartok dont le compositeur lui même s'étonnait " de ce que l'on veuille émettre sur les ondes de radio une musique aussi  'dégénérée' " , a souvent la réputation d'être une œuvre expérimentale et pourtant … Il est certain qu'elle est peu basée sur la mélodie et davantage sur la rythmique ; le piano, instrument parmi d'autres, percussion parmi d'autres, était tenu par Aleksandar Madzar, impeccable. L'Andante, parenthèse calme par rapport au rythme endiablé des deux autres mouvements est intriguant. Le piano et les percussions, très mélodiques, s'entremêlent et les autres instruments se taisent sans que cela surprenne.
Enfin, la neuvième de Chostakovitch. Caustique, imprévue, on comprend qu'elle ait déplu aux édiles du stalinisme. Quel paradoxe quand on pense qu'il n'y a pas si longtemps, en France, Chostakovitch était peu joué par suspicion de communisme ! Pleine d'humour et de vivacité cette symphonie n'en est pas pour autant dénuée de sensibilité. Dans le largo, Louis-Hervé-Maton a interprété un magnifique solo de basson tout en sobriété et rondeur.
Il est rare de sortir totalement emballé par un concert. Des détails soignés (un horaire à 18 heures permettant à un jeune public d'apprécier l'auditorium, une plaquette de programme très bien conçue), une programmation judicieuse et ô combien intéressante, un chef et un orchestre en harmonie. Voilà de quoi vivre la musique autrement.

Barbara Marmonier

Actuellement directeur musical de l'Opéra Comique de Berlin, Yakov Kreizberg est régulièrement l'invité des plus grandes phalanges internationales et des festivals de Glyndebourne et des BBC Proms où il fit des débuts remarqués avec le BBC Symphony Orchestra en 1993.

Aleksandar Madzar joue régulièrement avec les plus grandes phalanges et est l'invité des plus grands festivals internationaux. En 1990, il débutait avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin sous la direction de Ivan Fischer.

Auditorium de Lyon
89 rue de Bonnel
69003 Lyon
04 78 95 95 95



Bartok
http://www.hnh.com/composer/bartok.htm
(des morceaux en écoute)

http://www.ifrance.com/100MUSIQUE/Histoire/
Compostr/Bartok.htm


http://www.classiccd.co.uk/reference/composers/bartok.html

Dmitri Chostakovitch
http://www.devinci.fr/chostakovitch/

voir aussi : concert symphonique sur Sitartmag

Beethoven
voir la page Festival du Vieux-Lyon (décembre 1999)

site comportant de nombreux liens
http://perso.wanadoo.fr/beethoven/