Knock ou le triomphe de la médecine
de Jules Romains

Théâtre des Célestins, Lyon
4 décembre 2002- 1er janvier 2003

 

Au mois de décembre, Fabrice Luchini est à Lyon et joue simultanément (ou presque...) Knock au Théâtre des Célestins et L'Arrivée à New-York de Céline au théâtre de la Croix-Rousse.

La pièce en tournée
Théâtre Jean Vilar de Suresnes
29 novembre-1er décembre 2002
Théatre de Sète
7-11 janvier 2003
Théâtre de Nice CND Provence Alpes Côte d'Azur
15-25 janvier 2003
Théâtre du Gymnase à Marseille
28 janvier-15 février 2003
Théâtre Royal de Namur
19 février-1er mars 2003

mise en scène Maurice Bénichou
scénographie Goury

avec
Fabrice Luchini, Claude Evrard, Catherine Hosmalin, Pascal Cervo, Stéphanie Lanier, Pierre Trapet, Gaëtan Vourc'h, Bernard Crombey, Suzy Rambaud, Cédrick Lanoë, Antoinette Moya

costumes : Cidalia Da Costa
lumière : Eric Wurtz
musique : Thomas Dalle

Théâtre des Célestins, Lyon
04 72 77 4000

coproduction
Athénée Théâtre Louis-Jouvet - Paris, / Les Célestins Théâtre de Lyon / le Théâtre du Gymnase - Marseille

 

Cinquante ans après Louis Jouvet, Fabrice Luchini ressuscite Knock de manière admirable

Au théâtre, Jules Romains reste essentiellement l'auteur de Donogoo et de Knock, c'est à dire de comédies satiriques pleines de verve, confrontant l'homme à ses rêves grandioses, confrontant le spectateur a des vérités ou des travers humains dignes d'être médités (il y a du Molière chez Romains). On retrouve le Romains poète dans ce théâtre, créateur de l'unanimisme, de ce pouvoir que peut avoir l'homme de « conscientiser les collectivités », saisir l'âme d'un groupe, d'une ville. Car c'est bien une prise de pouvoir sur le petit bourg de Saint-Maurice qu'opère le docteur Knock pour assouvir dans un premier temps ses désirs matériels et par la suite ses désirs de grandeur et de reconnaissance. Insinuant la maladie dans l'esprit de ses patients, schématisant et diagnostiquant de fausses pathologies, manipulant ses concitoyens (l'instituteur va servir de propagandiste bénévole, le pharmacien sera son associé) : transformation du petit cabinet de province en sanatorium ; ascension démesurée, inquiétante ; Knock met la population "à nu" et son emprise sur elle devient incontrôlable. Aussi, la comédie, la simple satire du charlatanisme devant la crédulité humaine se transforme en un cauchemar infernal.
L'un des mérites de la mise en scène de Maurice Bénichou est de ne pas avoir occulté cet aspect noir de la pièce. Le cauchemar est devant nous, chorégraphié, mis en musique par tous les personnages ; l'aliénation est totale, à la fois drôle et inquiétante.

Cinquante ans après Louis Jouvet (qui interpréta près de 2000 fois le personnage), Luchini ressuscite Knock de manière admirable : l'expression, la précision du comédien, l'intelligence de la diction rendent à merveille la folle exaltation du personnage. Enfin, si la mise en scène demeure assez classique, il est à noter (fait rare) la performance du jeune musicien Florent Ladoucette, agitant sous nos yeux divers instruments et percussions, ponctuant actes et scènes avec une grande justesse ; de même, l'ingénieux décor tournoyant, pivotant prend une part non négligeable dans la mise en scène et dans l'esprit du spectateur. Un classique qui continuera de divertir le plus grand nombre.

Olivier Longre
(décembre 2002)


© Brigitte Enguerand


http://www.mairie-lyon.fr/celestins/

http://www.geocities.com/louis_jouvet/

http://www.backline.fr/luchini/menu.htm

http://www.athenee-theatre.com/

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=594