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Entre
l’histoire sans fin et Si par une nuit d’hiver un voyageur…
Histoire fantastique,
conte, récit de pirates, paradoxes temporels… tous
ces éléments sont réunis dans ce roman très
inventif qui est proche de L’Histoire sans fin
tout en lui proposant une variante intéressante : le thème
du livre dangereux est ici orienté non par celui de la lecture
mais par celui de l’écriture, dangereuse car aventureuse.
C’est aussi un livre qui fait penser au livre de Calvino,
Si par une nuit d’hiver un voyageur…,
tant le système des débuts d’histoires interrompues
par le début d’une autre histoire ou par une intervention
des « héros » (le lecteur ou la lectrice/l’écrivain
ou l’écrivaine) en forme l’armature dans sa première
partie.
Tout commence à partir du récit d’Oscar, qui
trouve un livre plein de pages blanches dans lequel il est proposé
d’écrire des débuts d’histoires, avec
un avertissement : tout ceci peut mener très loin et il faut
être très prudent sur ce qu’on invente. Oscar
invente plusieurs débuts et finit par disparaître dans
l’une des histoires. On n’a plus de nouvelles de lui
pendant deux générations. Vient le tour de Lucy, sa
petite-nièce par la généalogie, qui enquête
sur ce mystère, tombe sur le livre, écrit elle aussi
imprudemment, retrouve Oscar et part avec lui à la recherche
de son père qu’elle a fait disparaître.
Métamorphoses humaines et animales, rencontres improbables,
captures par des pirates, aventures chez le roi du pays des chats…
tous les débuts d’histoires mêlent les genres,
se recoupent et finissent par n’en former qu’une seule
faite de plusieurs dénouements successifs, tous heureux,
sauf un.
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Outre
la fantaisie, ce roman a aussi l’intérêt
de permettre de s’interroger sur ce qui fait un bon
début d’histoire, puis une bonne suite et une
fin possible. A ce titre, il est à lui seul une bonne
leçon d’écriture. Il propose aussi quelques
analyses des phrases que les enfants envisagent d’écrire.
Puisqu’elles sont données comme vitales, elles
se doivent d’être précises et tout ce qui
concerne la recherche de précision et la levée
d’ambiguïtés est très ingénieux.
Mais il a aussi l’intérêt de montrer à
travers cette fiction quelques-uns des ressorts de l’écriture
: la présence de ce qu’on a lu et aimé,
les structures de l’imaginaire, l’affleurement
des préoccupations personnelles se mêlent à
d’autres choix plus concertés, comme les contraintes
liées aux genres littéraires. Enfin, on s’y
perd par l’écriture, on se sauve par l’écriture,
ce récit d’aventures très réussi
propose un itinéraire qui touche à de nombreux
domaines.
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Anne-Marie
Mercier-Faivre
(juillet 2007)
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

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