KEITH
JARRETT (piano), GARY PEACOCK (contrebasse), JACK DeJOHNETTE
(batterie)
Standards,
Vol. 1: 1/ Meaning Of The Blues. 2/ All The Things You Are.
3/ It Never Entered My Mind. 4/ The Masquerade Is Over. 5/ God
Bless The Child.
Standards, Vol. 2: 1/ So Tender. 2/ Moon And Sand. 3/ I Love
In Vain.
4/ Never Let Me Go. 5/ If I Should Lose You. 6/ I Fall In Love
Too Easily.
Changes: 1/ Flying, Part 1. 2/ Flying, Part 2. 3/ Prism
Enregistré
à New York les 11 & 12 janvier 1983
L’éclosion d’un trio de légende
Pour fêter
les 25 ans du trio, Manfred Eicher et le label ECM ont fait
les choses en grand : rééditer en un coffret ces
premières séances, les débuts phonographiques,
avec photos souriantes de ce moment mémorable, un livret
documenté et une discographie.
Il ne me semble pas nécessaire de rappeler la carrière
du pianiste avant ces séances, seulement se souvenir
de son passage dans le quartette de Charles Lloyd, des ses disques
chez Atlantic (notamment avec Gary Burton) et du fameux quartet
avec notamment le sous-estimé Dewey Redman, Charlie Haden
et Paul Motian ainsi que les non moins fameux premiers ECM (dont
Facing You).
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Stupeur
et tout le tremblement lorsqu’en 1983, quoi ?, Jarrett
joue des standards et en plus avec un contrebassiste qui
joua aux côtés d’Albert Ayler et un
batteur tout azimuté, diantre… Depuis le
trio a fait son chemin ou plutôt à emprunté
la voie royale, impériale… depuis on a tout
dit, écrit, commenté sur la musique, sur
le pianiste, du bon très bon jusqu’au pire
(les controverses sur son comportement ou ses attitudes
en concert, pas de renouvellement dans le répertoire,
essoufflement, ronronnement, j’en passe, par pitié)…
alors pour ce coffret, on ressort les vieux clichés,
propos rémanents (fraîcheur, spontanéité,
musicalité, j’en passe encore)… |
Dès
les premières notes de Meaning Of The Blues,
tout le talent collectif du trio est là comme il le sera
jusqu’à aujourd’hui et demain et plus ; qui
peut proposer avec tant de retenue cette merveilleuse composition
de Jerome Kern I Love In Vain… ainsi que cette version
de Never Let me Go tout aussi émouvante que
celle de Bill Evans en solo (dans Alone, 1968).
Bien entendu, on pourra préférer tel concert,
bouder un autre ( ?), s’interroger sur certain mais l’évidence
est là constante, cette volonté de magnifier ces
chansons, ces airs à la mode d’un autre temps cependant
toujours neuves car respectées et renouvelées
par trois magiciens en état de grâce. Reproche-t-on
à Picasso d’avoir peint la même toile malgré
des époques si différentes, à Shakespeare
d’avoir écrit la même pièce sur des
sujets tout à la fois divergents et semblables, à
un grand comédien son jeu quelles que soient les situations,
traces indélébiles de talents exceptionnels.
Oui, ici on assiste aux prémices d’une carrière
qui perdure, d’une musique qui à partir de là
n’a pas pris l’ombre de l’ombre d’une
ride, n’en déplaise aux grincheux. Saluons l’avènement,
l’événement.
Jacques
Chesnel
(février 2008)
Jacques
Chesnel, membre démissionnaire de l'Académie
du Jazz, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le jazz dont
Le Jazz en quarantaine, 1940-1946 (Isoète) et
Les Grands Créateurs de Jazz avec G.Arnaud (Bordas)
; il a été consultant et auteur pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom.
Peintre, il prépare une rétrospective de 50 années
de peintures inspirées par le Jazz.
www.jazz-chesnel.com

http://www.ecmrecords.com