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Featherstone
est une petite bourgade comme il en existe tant d’autres,
avec son école, sa banque, son bureau de poste, son école
et son aire de jeux … A Featherstone, tout semble paisible
mais Kirsty Gunn brosse le portrait d’une dizaine d’habitants
pour qui la vie n’est pas aussi tranquille qu’il n’y
paraît.
Il y a tout d’abord Mary Susan, une gamine qui est en train
de se transformer en femme et qui se sent à l’étroit
dans sa ville où elle cherche des admirateurs pour son corps
tout neuf ; elle s’est mis dans la tête de devenir mannequin.
Sa mère Renée, qui n’a pas encore réalisé
les transformations qui s’opèrent en elle, a du mal
à la comprendre : « Si seulement sa mère
pouvait voir la personne qu’elle était, la personne
qu’elle était réellement. Si seulement Mary
Susan pouvait décrire à sa mère la frustration
que lui inspirait la vie, lui expliquer qu’elle nourrissait
bien plus d’ambitions que sa mère ne pouvait l’imaginer.
On n’avait pas idée à quel point c’était
dur, de vouloir faire de soi une personne différente de celle
qu’on attendait de vous». Il y a Harland, le pasteur
qui tremble d’avoir définitivement perdu la foi et
dont le mariage infertile sombre lentement. Il y a Margaret la tenancière
de l’hôtel et du bar, où se retrouvent les habitants
de Featherstone le samedi soir, qui cache derrière une apparence
trop soignée la brisure de la solitude. Il y a Ray Weldon,
un jeune fermier séduisant qui attend maladivement le retour
de Francie, femme aimée il y a des années. Il y a
enfin Sonny, le vieil oncle de cette même Francie, qui croit
que sa nièce est de retour en cette fin d’été
et qui, sans le vouloir, met en branle le mécanisme qui va
lier ces personnages le temps d’un week-end.
Dans ce roman,
Kirsty Gunn nourrit l’ambition de tracer un portrait du genre
humain en donnant la parole à chacun, à tour de rôle
mais ce qu’elle réussit le mieux à faire –
tout comme dans ses deux précédents romans Pluie
et Histoire aux yeux pâles et dans son recueil
de nouvelles Le pays où l’on revient toujours
– c’est la description de la sortie de l’enfance
et des tourments qui l’accompagnent. On est également
admiratif devant l’atmosphère poétique que cet
auteur néo-zélandais arrive à créer
en mêlant peinture minutieuse de la luminosité ou des
paysages avec les pensées de ses personnages. Par contre,
il est permis de rester dubitatif devant la lourdeur de la métaphore
associée au nom de Feather/stone (Plume/pierre) ainsi que
devant une fin convenue où, après une montée
en tension, tout finit par s’aplanir un peu trop facilement.
Anne
Weber
(février 2003)

Christian
Bourgois
http://www.christianbourgois-editeur.fr
http://www.contemporarywriters.com/authors/?p=auth45&state=index%3Dg
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