Ecrit, monté et réalisé par
Takeshi Kitano

Japon, 1999, durée : 1h 56
Sortie 20 octobre 1999

Avec
Takeshi Kitano (Kikujiro)
Yusuke Sekigushi (Masao)

 

Le Kid en vacances au Japon.

En compétition au dernier Festival de Cannes mais non primé, le dernier film de Kitano semble être une libre interprétation du fameux film de Chaplin : la rencontre fortuite puis le périple d'un gamin rondouillard et d'un vagabond, truand à ses heures.

Masao, timide petit garçon de huit ou neuf ans, s'ennuie dans la maison vide de sa grand-mère qui l'élève, alors que ses camarades sont partis en vacances. Par hasard, il découvre une photo de sa mère qui l'a abandonné et dont il ne se souvient pas. Spontanément, il fourre quelques trésors dans son sac d'écolier et part la rencontrer, muni d'une adresse en bord de mer comme seul indice. Le coin de la rue à peine tourné, il tombe sur Kikujiro, caïd à la petite semaine, désoeuvré et roublard ; ce dernier s'engage, un peu malgré lui, à accompagner Masao jusqu'à sa mère. Kikujiro, tout d'abord peu enthousiasmé par cette responsabilité inhabituelle, et Masao, réservé et posé, entament alors un voyage peu ordinaire.

En regardant ce film, le parallèle avec le film de Chaplin est inévitable et les thèmes abordés (le père symbolique, les liens d'amitié...) sont ici sans surprises, de même que l'intrigue, parfois prévisible. Mais ce long métrage nous surprend pour ses qualités visuelles et son humanité. Le changement de registre est la plus grande surprise : Kitano semble en effet s'être accordé une pause entre deux films de Yakuzas et prend du plaisir à filmer l'histoire simple et douloureuse de Masao ; l'un des ingrédients chers à Kitano, la violence physique, n'est ici que suggéré puisque c'est les douleurs morales que le réalisateur s'attache à décrire. Mais l'atmosphère n'est jamais larmoyante : Kitano use d'un humour visuel (gags à répétition, déguisements, jeux sortis tout droit de ses émissions de la télévision japonaise) qui prend toute son ampleur par le décalage qui existe entre les gags et le rêve et la dure réalité de la vie de Masao et de celle de Kikujiro. L'imagination de Kikujiro est sans bornes quand il s'agit d'amuser Masao et, dans la deuxième partie du film, il "dirige"une troupe grandguignolesque, touchante, une galerie inoubliable de personnages. Les rôles sont ainsi souvent inversés et les repères s'estompent, tant les adultes sont de grands enfants.
Un film à ne pas manquer, une histoire tendre et réaliste, sans mélo ni apitoiement, fraîche et verdoyante comme un paysage Japonais.

B. Longre

Cannes 99
http://www.festival-cannes.org/cannes99/vf/allfilms
/incompetition/films/frame166.html

Critique
http://pears.lib.ohio-state.edu/Markus/Review/Films99/Kikujiro.html

filmographie et biographie (en anglais)
http://www.geomatics.kth.se/sjoberg/homepage/beat.htm

Rétrospective (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/article/0,2320,ser-109-27197-QUO,00.html

Interview
http://www.multimania.com/martinlang/interv3.htm

Divers
http://www.multimania.com/hishiryo/