Jim
Tomlinson (saxophone tenor, percussions), David Newton (piano),
Dave Chamberlain (contrebasse), Matt Skelton (batterie), Stacey
Kent (vocal sauf 1, 10, 11). Enregistrement août 2005.
1/
Manha de Carnaval. 2/ Corcovado. 3/ I’ve grown accustomed
to her face. 4/ If I were a bell. 5/ I got lost in his arms.
6/ What are you doing the rest of your life. 7/ Cockeyed optimist.
8/ My heart belongs to daddy. 9/ The surrey with the fringe
on top. 10/ outra vez. 11/ Jardin d’hiver. 12/ Something
happens to me. 13/ Star dust.
Et revoilà
les amoureux… amoureux l’un de l’autre (cela
se voit sur scène), amoureux du jazz (cela s’entend
constamment, "une empathie musicale presque troublante",
affirme le saxophoniste), dans un disque pour les amoureux du
jazz et amoureux tout court, pour vous, pour moi… Ainsi
que l’écrit Alexis Blanchart, " The lyric
est un témoignage romantique de leurs étreintes
musicales, une histoire qui entre Londres et New York se veut
belle tout simplement."
 |
Ce
nouvel opus sous la signature du mari saxophoniste me
semble encore plus abouti que le précédent,
The Boy next door, par les choix musicaux d’abord,
par cette façon que possèdent les grands
interprètes vocaux de s’approprier textes
et musiques afin de révéler l’essence
même de la chanson. On est loin, voire à
l’opposé, de la sophistication au maniérisme
d’une Helen Merrill (à part ses enregistrements
avec Clifford Brown et Gil Evans à la fin des années
50) mais plutôt dans l’art de distiller les
silences, ce qui rapproche parfois Stacey Kent de la regrettée
Shirley Horn comme dans
le magnifique I got lost in my arms. |
(Quand on
pense que certain « matador » de la critique ose
faire une comparaison avec Petula Clarke, on croit rêver
ou la surdité guette !). Sa voix d’une exquise
fraîcheur peut aborder sans complexe tous les styles,
du standard à la ballade en passant par la bossa-nova
(Corcovado) avec un bonheur communicatif.
Ne pas oublier les musiciens, tous parfaits, surtout le leader-mari
et sa sonorité ainsi que son phrasé oscillant
entre Stan Getz et Lester Young, ce qui n’est pas un mince
compliment.
On aura compris que je suis sous le charme, depuis longtemps,
que cela dure et même empire… j’espère
qu’il en est, et sera, de même pour vous…
j’en suis certain.
Jacques
Chesnel
(novembre 2005)
Jacques
Chesnel
est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le
Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les
Grands Créateurs de Jazz" avec Gérald
Arnaud (Bordas) ; auteur et consultant "jazz" pour
l'Encyclopédie Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille
depuis plus de trente ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

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