Piano solo enregistré live à
l’auditorium Isaac Stern le 26 Septembre 2005 Suite composée
de 10 pièces + rappels (The Good America, Paint my Heart
Red, My Song, True Blues, Time on my Hands).
D’instant en instants
Après Bremen et Lausanne (1973), Köln (1975), les
Sun Bear Concerts au Japon (1976), Bregenz (1981), Paris (1988),
Vienne (1991), La Scala (Milan 1995), Tokyo (2002, Radiance
; en DVD, Tokyo Solo) voici un nouveau concert à New
York cette fois, à l’auditorium Isaac Stern du
Carnegie Hall, légendaire salle de concert (premier concert
en solo du pianiste aux Etats-Unis depuis dix ans).
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Keith
Jarrett alterne ses prestations, soit en solo, soit en
trio avec Jack DeJohnette et Gary Peacock avec lesquels
il interprète (et renouvelle) les standards de
toujours. On peut préférer, et c’est
mon cas, la deuxième formule (contrairement à
certains qui prétendent qu’il s’obstine
et n’a plus rien à dire !), ses voyages en
solitaire présentent une autre face du pianiste
: l’improvisation spontanée (il y a des improvisations
« écrites » ou répétées)
qui peut se résumer, ainsi que l’exprime
Wayne « le grand » Shorter : " composer
c’est improviser, en plus lent ", belle
formule (qu’on doit aussi inverser) ou une autre,
de lui-même : " l’improvisation est
la seule façon d’être fidèle
à soi-même " (dans une interview
accordée à Poala Genone). |
Là,
comme pour Radiance, pas de titres
pour ces 10 parties numérotées de longueurs variables,
de 3 :03 à 9 :18, mais, par contre, une tonalité
générale différente, plus radieuse ( !
), plus détendue, beaucoup moins sombre ; il y a dans
(presque toutes) ces parties un chant constamment affermi et
affirmé, qu’il soit gospelisant, grandiloquent,
méditatif ou une sorte de promenade agreste, de flânerie
où la main gauche souvent prégnante, grondante,
insiste ou virevolte quand ce ne sont pas de l’autre main
déluges, fusées, ricochets, dérapages ou
glissements en notes souvent aériennes…
On pourra, comme je le fis, réécouter les concerts
cités plus haut, parcourir ainsi l’œuvre entier
de celui qui demeure l’un des plus grands improvisateurs
en solitaire de tous les temps.
A l’occasion
du centenaire de Dmitri Shostakovich (1906
– 1975), ECM réédite les 24 Préludes
& Fugues op.87 composées en 1950 -51 enregistrées
par Keith Jarrett à la Salle de Musique de La Chaux de
Fonds en juillet 1991.
A l’intention des mélomanes : une écoute
attentive des œuvres de ces deux grands musiciens pourra
vous porter parfois à extrême confusion ; en effet,
on peut se demander si certaines pièces écrites
par le compositeur russe ne sont pas des improvisations de Keith
Jarrett…
ou l’inverse !
Jacques
Chesnel
(septembre 2006)
Jacques
Chesnel, membre démissionnaire de l'Académie
du Jazz, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le jazz dont
Le Jazz en quarantaine, 1940-1946 (Isoète) et
Les Grands Créateurs de Jazz avec G.Arnaud (Bordas)
; il a été consultant et auteur pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom.
Peintre, il prépare une rétrospective de 50 années
de peintures inspirées par le Jazz.
www.jazz-chesnel.com

autre chronique
: Up
for it (ECM,
2003)
http://www.ecmrecords.com/