| Keith
Jarrett (piano)
Gary Peacock (contrebasse)
Jack DeJohnette (batterie)
Festival d’Antibes-Juan-les-Pins le 16 juillet 2002
Et
voilà le Jarrett nouveau arrivé ! …
Nouveau, oui, car après deux enregistrements, Inside
Out (2000) et Always let me go (2001) consacrés
au « free playing », à l’improvisation
totale, donc entièrement inédite, le pianiste
revient à la relecture de ces standards qu’il
affectionne et interprète depuis maintenant vingt
ans.
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Cette fois
dans la pinède Gould (où il aime se produire régulièrement),
pour la 42ième édition du festival, sous une pluie
battante, Keith Jarrett a présenté un programme
de cinq nouvelles versions (If I were a Bell, Butch and
Butch, My Funny Valentine, Someday my Prince will come et
Autumn leaves ) et trois titres inédits, un des
chefs-d’œuvre de Charlie Parker, Scrapple from
the Apple, Two degrees East, two degrees West de John Lewis
ainsi que le Up for it, thème signé du
pianiste.
Et une fois de plus la magie opère… inventivité,
expressivité, fluidité (Gérald Arnaud assure
à juste titre que « Jarrett a inventé
le piano liquide »), vélocité ou retenue
pour ces « petites formes mélodiques »
; à ce sujet Jarrett précise : «je pense
que les gens sous-estiment les standards parce qu’ils
ne comprennent pas à quel point c’est difficile
de composer une mélodie… ces compositeurs ne sont
pas considérés comme sérieux alors qu’ils
occupent un espace que personne dans le milieu de la composition
sérieuse ne serait capable d’occuper…».
En compagnie de ses partenaires, il donne à entendre
son plaisir de jouer (une fois sur scène, en plein dans
la musique, plus rien n’a d’importance), de re-jouer,
dé-jouer, entre-jouer, voire sur-jouer des thèmes
que certains connaissent (ou croient connaître) par cœur
et redécouvrent peints sous de nouvelles et fraîches
couleurs.
Aucune comparaison ne peut être envisagée avec
les précédents albums de standards (sauf, peut-être,
avec le coffret des séances en club au Blue Note 1994,
pour moi son sommet) : une certitude dans la continuité,
nous avons bien là l’un des plus grands pianistes
de toute l’histoire du jazz.
Keith Jarrett s’est vu attribuer le Prix polaire de la
musique 2003 décerné par l’Académie
royale suédoise (équivalent au Prix Nobel), sans
distinction habituelle entre musique «sérieuse»
et «populaire», son art se caractérisant
par une capacité à franchir sans effort les délimitations
musicales.
A kiss for Keith.
Jacques
Chesnel
(juin 2003)
Jacques Chesnel
est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le
Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands
Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas)
; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente
ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

The
Out-of-Towners Live at the State Opera, Munich,
Juin 2001 (ecm 2004)
http://www.ecmrecords.com/ecm-cgi-bin/bio?47
http://www.pianobleu.com/jarrett.html
http://cafe.utne.com/lens/atc/82culturejarrett.html