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C'est une maison
close bien étrange que se met à fréquenter
le vieil Eguchi, un lieu réservé à des "clients
de tout repos", des vieillards qui ont la possibilité
de passer toute une nuit avec "une belle endormie"
sous soporifique, silencieuse, soumise, mais qui doit demeurer...
vierge. Eguchi accepte non sans mal l'étiquette de la maison
et l'étrangeté du lieu, et la présence de ces
corps comme morts ravivent ses souvenirs : les aventures amoureuses
extra-conjugales, les femmes connues et possédées,
et la toute première, sa mère, retrouvée dans
la vision des seins de certaines des filles. Plus la mort s'approche,
plus il semble se tourner vers l'enfance apaisante.
Entre érotisme et morbidité, Kawabata, l'un des écrivains
japonais les plus célèbres, a composé ici une
ode à la femme et à la chair, tout en subtilité
et en douceur, mêlant judicieusement sexualité et sens
du sacré, dans de minutieuses descriptions des corps abandonnés
à "un sommeil de mort", qui laissent présager
sa fin à Eguchi.
Lorsque l'on sait que le romancier, prix Nobel de littérature
en 1968, se suicida à l'âge de soixante-treize ans,
on devine quelles forces le poussaient ainsi à écrire
de façon obsessionnelle sur la mort et ses prémices.
Ce qui frappe surtout, c'est le grand dépouillement de l'écriture
et la sérénité de ton qui, pourtant, n'entrâvent
nullement l'éclosion d'un ton poétique raffiné
et évocateur.
B.Longre

http://www.kirjasto.sci.fi/kawabata.htm
http://perso.wanadoo.fr/eteissier/romans/kawabata/kawa.html
Bibliographie (en Anglais)
http://www.otterbein.edu/home/fac/plarchr/kawabata.htm
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