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Nagai Kafû,
(plutôt mieux connu sous son prénom, Kafû), fortement
influencé par les auteurs français (Zola, Maupassant
...) comme un grand nombre de ses compatriotes écrivains
du début du vingtième siècle, est l'un des
fondateurs du naturalisme à la Japonaise. Dans ce roman publié
en 1918, son expérience libertine lui sert de support pour
décrire le monde des maisons de thé, des geishas,
des artistes et des marchands d'art. On y suit avec amusement les
pérégrinations d'un mauvais peintre, Uzaki Kyoseki,
intendant subalterne et obséquieux d'un grand peintre, Uchiyama
Kaiseki, et du fils de ce dernier, Kan, un garçon oisif,
fauché et débauché. Entraîné malgré
lui par ce fils de bonne famille, Uzaki tente en vain de le remettre
sur le droit chemin, tout en tombant lui-même dans les pièges
d'une vie de plaisirs et dans les bras des geishas.
Satirique et rocambolesque, ce récit est aussi destiné
à illustrer le déclin d'une époque : la beauté
et les talents des geishas ne sont plus qu'un mythe et les descriptions
des maisons de thé sont souvent sordides. Complétant
le portrait de personnages libertins, une nouvelle bourgeoisie arriviste
s'impose, dont la façade conventionnelle dissimule mal les
scandales financiers ou sexuels. Aucun des personnages ne sort indemne
ou ennobli de ce roman au dénouement tragi-comique.
B.Longre
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