renseignements
et location :
Théâtre des Célestins
04 72 77 40 00
Jules
César est la première des pièces romaines
qu'écrivit Shakespeare, inspiré par sa lecture de
"Vies de nobles romains et grecs" de Plutarque. Annonciatrice
des grandes tragédies (entre autres Hamlet, 1600),
cette pièce s'en distingue néanmoins, par son approche
principalement politique et comme dans Richard II (1595),
l'auteur pose le problème de la déposition d'un souverain
: Jules César, quels que soient ses exploits passés,
est devenu une menace pour la république compte tenu de sa
position de quasi-monarque ; est-il juste, alors, d'éliminer
le tyran à venir avant que Rome ne soit totalement assujettie
à son pouvoir absolu et sans limite ? Le complot que fomentent
Cassius et les autres conjurés est supposé sauver
Rome des griffes de la tyrannie et rétablir la liberté
du peuple. Pour Brutus, fils spirituel (et peut-être naturel)
de César, le parricide apparaît comme une nécessité,
et quand bien même est-il manipulé par l'habile Cassius,
sa sincérité ne fait aucun doute. S'il y a tragédie,
c'est autour de lui qu'elle se joue, tant il est déchiré
entre son amour pour César et son amour pour Rome.
C'est une oeuvre sévère que celle-ci et excepté
les scènes "populaires" (Shakespeare ne peut oublier
une partie de son public), le texte est sobre et l'écriture
limpide, en témoigne le peu de métaphores et l'abondance
de vers neutres. Est-ce pour rendre l'ensemble plus "spectaculaire"
que le metteur en scène a ici opté pour une adaptation
parfois outrancière (le nombre de figurants sur scène
lors de passages clés, dont les entrées et sorties
ralentissent évidemment le rythme), forçant le trait
sur l'ambiguïté du pouvoir et la versatilité
du peuple (durant le discours de Marc-Antoine) ? Il est vrai que
ceci peut pallier le ton peu convaincant de quelques comédiens
(des tirades se transformant en pure récitation) ; soit,
la performance de certains (Brutus, Casca ou encore le devin /poète)
est tout à fait appréciable.
On a pourtant l'impression que la distribution est parfois peu en
adéquation avec ce que l'on connaît des personnages
(un Brutus trop sophistiqué, pas suffisamment 'brute', un
Marc-Antoine juvénile, un César peu arrogant et trop
débonnaire ...) ; le sentiment qui perdure est celui d'une
adaptation sans surprise, parfois laborieuse, qui a des vertus plus
pédagogiques qu'artistiques et qui réjouira un public
profane, mais décevra l'amateur avisé. Seul le lieu
et le décor rendent véritablement honneur au texte
shakespearien : la sobriété et la noirceur qui le
caractérisent s'adaptent parfaitement aux thèmes abordés
et les ruines qui le composent semblent à la fois annoncer
les désastres prochains et symboliser la décadence
d'une Rome dont la liberté est menacée.
B.L.
Mort
de César
Tandis qu'il s'asseyait, les conjurés l'entourèrent
sous prétexte de lui rendre hommage. (...) L'un des Casca
le blessa par derrière, un peu au dessous de la gorge. César
(...) essaya de s'élancer en avant, mais il fut arrêté
par une autre blessure. (...) Il fut ainsi transpercé de
vingt-trois blessures, n'ayant poussé qu'un gémissement
au premier coup, sans une parole ; pouratnt, d'après certains,
il aurait dit à Marcus Brutus qui se précipitait sur
lui :"Toi aussi mon fils".
Suétone,
César.
Casca,
s'avançant, le poignard à la main. Bras, parlez
pour moi (Casca frappe César au cou. César lui
saisit le bras ; il est poignardé par plusieurs conjurés,
et enfin par Marcus Brutus.)
César. Toi aussi, Brutus ! ... Tombe donc César
! (Il meurt. Les sénateurs et le peuple se retirent en
désordre).
Shakespeare,
Jules César, Acte III scène 1.

Shakespeare
sur Sit'art mag :
Richard
III
Timon d'Athènes
La Tempête
Cymbeline
Les nuits
de Fourvière
http://www.nuits-de-fourviere.org/
Le texte
en version originale
http://techtwo.mit.edu/Shakespeare/
Tragedy/juliuscaesar/juliuscaesar.html
Jules César
http://home.worldnet.fr/~larane/histoire03150.htm
Guide
http://www.penguinputnam.com/academic
/resources/guides/shakes1/content.htm
|