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Fantastique
noir
Contrairement
à ce que pourraient laisser penser les commentaires de certains
critiques qui ont salué la sortie de ce livre comme un super-Harry
Potter, ce n’est pas un livre pour enfants. Par sa taille
tout d’abord (plus de 800 pages), par sa complexité,
par sa noirceur. L’histoire se passe au tout début
du XIXe siècle, en Angleterre, pendant les guerres napoléoniennes
que l’on suit de près durant certains épisodes
(le héros accompagne les campagnes de Wellington). De nombreux
passages sont très près de la réalité
du temps (politique, littéraire, religieuse). En somme, c’est
un roman historique très réussi et très documenté.
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C’est
aussi une histoire de sorciers, en un temps où la magie
semble avoir disparu de Grande-Bretagne : les deux personnages
principaux sont deux magiciens, l’un coincé,
à cheval sur ses prérogatives et jaloux de son
autorité, cherchant à préserver son savoir
de toute diffusion, l’autre offre une image plus romantique,
aventureuse et généreuse, mais elle aussi vouée
à l’échec.
Leur parcours, lente affirmation de ses dons et combat laborieux
pour la reconnaissance pour le premier, fulgurances du génie,
des épreuves, des trouvailles et des rencontres surnaturelles
pour le second, les amène, au-delà de la lutte
commanditée par le gouvernement contre la France, à
une lutte d’un autre type contre un génie du
mal qui leur est a priori bien supérieur. |
Fantastique,
bals sataniques, combats navals et terrestres, morts vivants, femmes
envoûtées, récits féeriques, rien ne
manque à ce roman très inventif. C’est aussi
un récit plein d’humour, qui propose de nombreuses
digressions, des notes en bas de pages d’une longueur vertigineuse
(pour un lecteur moderne), des références multiples
et savantes tantôt sérieuses tantôt loufoques.
Un régal pour des amateurs de féerique qui aimeraient
aussi les romans fleuves complexes et noirs (très noirs,
comme la couverture et la tranche de ce beau pavé). Malgré
un démarrage un peu lent, il est idéal pour remplir
de longues journées de lecture.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(juillet 2007)
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

http://www.jonathanstrange.com
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