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Retour
vers le passé
Quand Vassile,
vagabond sans attaches, abandonné huit ans plus tôt
par sa mère Liliana, apprend que celle-ci est morte et lui
a légué une maison dans un village de vignerons, il
se rend sur les lieux, plus par hasard que par intérêt
– c’est du moins ce qu’il croit… L’accueil
n’a rien de cordial et le maire du village, malgré
son amabilité et sa fausse compassion (« Nous sommes
tous tellement désolés… » –
une « phrase rituelle » que Vassile entendra
maintes fois, prononcée de diverses façons) lui fait
comprendre qu’il ne devrait pas traîner dans les environs.
« Remuer le passé n’est jamais une bonne
idée, surtout quand on ne sait à peu près rien
des acteurs qui jouent l’histoire… » conseille-t-il
au jeune homme. Vassile a en effet conscience d’entrer «
dans une histoire » qui n’est « pas la
sienne », qu’il ne sait presque rien de cette femme
que sa famille d’accueil n’a pourtant jamais pu remplacer,
et ses souvenirs restent incertains, des bribes qui ne referont
surface que peu à peu. Mais lorsqu’il s’aperçoit
que la mort de Liliana dissimule des secrets bien gardés,
le jeune homme commence à s’interroger sur ce qui a
pu inciter sa mère à repartir pour la Moldavie, son
pays d’origine, quelque temps avant sa mort ; il remonte la
piste du passé, va trouver le châtelain du pays, celui
qui avait embauché sa mère sur son domaine avant d’en
faire sa maîtresse et de lui offrir la maison que Vassile
possède désormais. Il trouve un homme effondré,
qui se débat avec sa conscience, paralysé par un drame
dont il est en partie responsable.
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En
contrepoint, on découvre l’histoire de Liliana
(que nous tairons ici afin de laisser le lecteur la découvrir
par lui-même), qu’elle a patiemment écrite
dans l’espoir que son fils puisse un jour la lire (à
condition qu’il retrouve le cahier de sa mère…)
– un parcours chaotique et cependant presque banal,
une vie brisée très tôt, des actes motivés
par une peur de chaque instant et d’intolérables
pressions, dans un univers qui semble bien loin de nos existences
confortables et pourtant si proche. Une confession poignante
qu’on n’est pas près d’oublier, non
plus que l’atmosphère oppressante du petit village,
habilement évoquée par petites touches, à
l’image de l’hostilité des habitants, très
vraisemblable, des frustrations de deux jeunes filles que
la présence de « l’étranger »
fascine, et des petites lâchetés des uns et des
autres – celles qui, en s’accumulant, provoquent
des tragédies. |
Retrouvailles
manquées entre un fils et sa mère ? En partie seulement,
car le dénouement de ce roman qu’on ne peut lâcher
une fois entamé est teinté d’espoir et laisse
deviner que la quête que Vassile décide d’entreprendre,
même si son issue reste incertaine, lui offrira quelques moments
d’un bonheur mérité.
Blandine
Longre
(octobre 2007)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais, est
l’une des fondatrices de Sitartmag ; traductrice et critique
littéraire, elle s’intéresse tout particulièrement
aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique,
orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse,
au théâtre (texte et représentation) et aux
relations qu’entretiennent fiction et réel.
http://blongre.hautetfort.com
www.myspace.com/blandinelongre

du
même auteur
Echec
et rap (Nathan poche, 2007)
Là où dort le chien
(Gallimard jeunesse, 2006)
Billi Joe (T. Magnier,
roman adultes, 2004)
Tu seras la risée du monde
(Martinière jeunesse, 2004)
Maboul à Zéro
(Gallimard Jeunesse, 2003)
Lire
aussi Entretiens
de Jean-Baptiste Coursaud (T. Magnier, 2005)
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