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aussi les chroniques et le Journ'Arles des Rencontres
d'Arles 2002
Josef Koudelka,
alchimiste de la lumière
Théâtre
et premiers affrontements avec l'obscur
Sa première bataille avec les ténèbres, Josef
Koudelka l'a livrée dans un théâtre pragois
dans les années 60, photographiant les acteurs évoluant
sur la scène du Za Branou. Fantomatiques et marqués
par un grain important, ces portraits n'ont déjà qu'un
rapport lointain avec les traditionnelles photographies de spectacle.
| Koudelka
indique qu'il "avait appris à voir le théâtre
comme la vie et qu'ensuite il voyait la vie comme un théâtre"
La théâtralité et le sens de la mise en
scène (contre le naturalisme ou le réalisme) seront,
tout au long de son uvre, deux dimensions fondamentales
de son esthétique. Parallèlement
à ce travail, ses premières photos "artistiques"
sont "grosses" déjà de celles à
venir : transfiguration du réel, lumières sculptées,
panoramiques et jeux de lignes, compositions géométriques
Mais aussi quelques "personnages" spiralés,
réduits à d'infimes volutes, à l'instar
des statuettes de Giacometti. |

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Gitans
De 1962 à 1968, Koudelka voyage à travers la Slovaquie
orientale à la rencontre du peuple gitan. Ce travail est
présenté sous forme de séries: intérieurs,
enterrements, enfants
Ici la rencontre avec l'autre est indissociable
de soucis esthétiques. Josef Koudelka, dans le même
temps, affronte des individus, des rituels et des cérémonies
religieuses, des conditions géographiques et matérielles,
des lieux et des territoires, mais aussi des formes, des masses
obscures ou diffuses, des noirs et des blancs, des lignes et des
courbes. Fond et forme, sujet et cadrage, sont indissociables. Koudelka
réconcilie ainsi humanisme et abstraction. L'alphabet de
lumière dit l'essence du peuple gitan. Et, au-delà,
ces visages, parfois avec morgue, ostentation ou encore violence,
nous regardent, nous et notre sédentarité, nos murs,
nos conforts replets.
Exils
A partir de 1970, Koudelka parcourt l'Europe, poète aux
semelles de vent. Italie, Angleterre, France, Espagne, Portugal
Solitudes, abstractions, paysages, pauvretés, cérémonies,
singularités
Mouettes, chiens errants, saltimbanques,
plis de la mer
Quel que soit le lieu, l'instant ou le
sujet, le regard est toujours passionné, rigoureux, singulier. |
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Chaos
: le dernier "coup d'éclat"
Les derniers travaux de Koudelka sont présentés à
l'Eglise des Frères Prêcheurs sous le titre "Chaos"
: le choc est complet même si la mise en scène s'avère
un peu trop appuyée (musique d'ambiance, deux formats géants
un peu "flottants"
).
Ici la perception ordinaire de l'espace bascule littéralement.
Les grands formats verticaux ou horizontaux la distordent, la dilatent,
l'étirent. Ce sont pourtant des lieux parfois d'une grande
banalité qui sont ici transfigurés : une ruine abandonnée,
un mur "taggé", un égout, une rue pavée,
la croisée de deux chemins
Mais avec Koudelka, les
routes ondulent, se dilatent, suivent des lignes un peu folles.
Les roches, les montagnes, les plans d'eau prennent les dimensions
de l'infini. Les brèches, les murs lépreux, les blessures
de pierre, les statues deviennent autant de passages et de territoires
métaphysiques. Bouleversant.
Jean-Emmanuel
Denave
(juillet 2002)
Josef
Koudelka: né en Tchécoslovaquie en 1938. Etudes d'ingénieur
en aéronautique. Premiers travaux: théâtre,
gitans, invasion soviétique en 1968. Il quitte son pays en
1970 et voyage à travers le monde. Il s'établit à
Paris par la suite.

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