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Un conte
humaniste
| «
J’ai appris à vivre comme un Etre humain »
: au sens propre comme au figuré (Inuit signifie "être
humain" en langage esquimau), ces paroles résument
parfaitement l’extraordinaire aventure de Leiv Steinursson
que nous conte, sous forme de trilogie, Jørn Riel. Plus
de 20 ans après sa parution, les Editions Gaïa,
spécialisées dans la littérature scandinave,
complètent le catalogue de l’écrivain danois
dont on connaissait déjà d’autres œuvres
plus récentes tels l’ensemble des Racontars
arctiques ou celui du Chant pour celui
qui désire vivre. Dans cette suite inspirée
de sagas islandaises avec des personnages hauts en caractère
affrontant avec courage leurs destinées et la fatalité,
l’auteur nous entraîne dans le cadre du Groenland
où il a passé une longue partie de sa vie. |
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En Islande,
vers l’an mil, Leiv Steinursson est un jeune garçon
cherchant à venger la mort de son père, comme c’est
alors la tradition. Il accompagne Thorstein, l’assassin, au
Groenland où il doit s’exiler. A la suite d’un
naufrage, Leiv est recueilli par deux enfants Inuits de son âge,
Narua et Apuluk, qui vont d’abord le cacher plusieurs mois
avant d’oser le présenter à leur tribu : à
cette époque, les Inuits craignent les Vikings qui les massacrent
pour leur voler des fourrures où cherchent à les vendre
comme esclaves. Leiv apprend la langue et le mode de vie des Etres
Humains et s’attache profondément à ses nouveaux
amis.

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Les
trois compagnons parcourent ensemble, pendant plusieurs saisons,
les côtes du Groenland, selon les habitudes nomades des
Inuits obligés de se déplacer pour suivre le gibier.
En trouvant de manière inattendue la ferme établie
par Thorstein, Narua et Apuluk font à leur tour la découverte
d’une nouvelle culture, celle des Vikings, si différente
de la leur. Mais l’arrivée soudaine de pirates,
assoiffés de sang et de richesse, vient semer mort et
désolation et entraîne les trois enfants dans une
ultime aventure en compagnie cette fois de Sølvi, l’une
des esclaves de Thorstein. Leur ténacité et leur
force de caractère permettront de libérer Thorstein,
que les pirates avaient fait prisonnier, et de débarrasser
les côtes du Groenland de ces hôtes indésirables
; en guise de remerciement, Apuluk obtient la liberté
de Sølvi. Cette dernière, avec Leiv, choisit de
rejoindre définitivement la communauté des Etres
Humains. |
Sous les apparences
trompeuses d’un simple roman d’aventures, Jørn
Riel développe, avec une maîtrise incomparable, le
très vaste thème de la rencontre de l’autre
et de l’acceptation des différences. Grande leçon
d’humanité, ce livre met également en valeur
la simplicité et l’ingéniosité de la
culture Inuit. On pourra par ailleurs souligner l’esprit de
tolérance et de fraternité qui anime les relations
entre enfants — ce que l’on retrouve dans toutes les
cultures — en opposition avec les réticences habituelles
de leurs aînés, ainsi que le rôle central joué
par les personnages féminins dont la sagesse permet de dénouer
les situations les plus délicates. Le garçon
qui voulait devenir un Etre Humain est un conte dont
la lecture passionnante et très enrichissante ravira tous
les lecteurs, y compris les plus jeunes (à partir de 12 ans).
O.
Weber
(mars 2003)

Le
roi Oscar / Les ballades de Haldur et autres racontars
(Gaïa, 2004)
Apsuma,
dans les traces de Jørn Riel (Gaïa, 2003)
http://www.gaia-editions.com/accueil.html
http://www.initiales.org/chap004/rubr002/doss20.html
http://www.humanite.presse.fr/journal/2001/2001-
http://archives.letelegramme.com/data/2001/20010605/29
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