La fiancée du désert
de Jean-Marie Defossez

illustrations de Raphaël Gauthey
Nathan poche 2006
à partir de 12 ans

 

 

 

Aux curieux et assoiffés d’aventure…

Impossible de ne pas être d’abord attiré par le superbe visage de couverture : traits parfaits d’une jeune fille aux yeux verts. Quelques mèches de cheveux blonds s’échappent d’un voile couleur bleu intense. La taille du portrait ainsi que ses teintes franches et lumineuses incitent à feuilleter l’ouvrage pour en savoir plus : qui est cette charmante « fiancée » au regard si fier ? Que fait-elle, évidente étrangère, dans le désert ?

Ainsi le lecteur s’engage dans l’aventure, charmé par l’illustration de Raphaël Gauthey… Il ne sera pas déçu ; l’auteur construit son roman de manière classique, équilibrée et efficace : prologue, chapitres riches en rebondissements, épilogue. Il fait parler son héroïne à la première personne : Sara se présente, jeune fille vivant dans le confort d’une bonne maison romaine, dont les proches sont divisés par les évènements annonciateurs de la seconde guerre. Son oncle, tyran soucieux de préserver pour lui la fortune familiale, veut la marier au chef local des brigades fascistes. La jeune fille parvient à s’échapper et rejoint son grand-père à Naples : le géologue embarque pour la Libye dans le but d’explorer les terrains d’Afrique du Nord.
Sara se retrouve en territoire inconnu, habillée en homme, découvrant les richesses du désert et affrontant ses rigueurs, en compagnie de son grand-père, de ses aides et de ses guides arabes…

La « roumi » s’entend bien avec Salim, le plus jeune bédouin, « rieur et charmant » et comme elle « curieux de tout ». Mais la politique rattrape le groupe, puis une « larme du désert» les atteint et la « grande noire » les frappe… Sara et Salim restent seuls, en plein Sahara du Sud libyen : à pied, il leur faut longer les montagnes, escalader des plateaux rocheux, remonter jusqu’à une ancienne forteresse aux couleurs italiennes, pour que Sara soit enfin en sécurité. Mais peut-elle faire confiance à Salim ? L’emmène-t-il dans la bonne direction? Ne la protège-t-il pas seulement pour la vendre aux nomades Touareg qui font encore à cette époque commerce d’esclaves ?

Tous les ingrédients sont réunis pour tenir en haleine le lecteur : il y a certes un fort parfum d’aventure et un bon goût d’amitié, mais aussi le sentiment d’apprendre. Jean-Marie Defossez situe son roman dans un contexte historique délicat, prétexte à envoyer son héroïne au loin et bien susceptible de provoquer des questionnements. La jeune fille parcourt le monde, de Rome à Chicago, en passant par l’Afrique du Nord et en y revenant, amoureuse des paysages majestueux et curieusement variés du Sahara ; une carte est judicieusement prévue pour y suivre le périple de l’adolescente. L’auteur sensibilise aux transformations de la Terre, aux richesses géologiques, au respect de la nature, à la valeur de l’eau, au bonheur de vivre : Sara se rend compte, « grâce au désert et à ses fragiles oasis, à quel point la vie est partout précieuse ».

La fiancée du désert satisfait les attentes de son public : récit porteur d’énergies, tendre et légèrement romantique, roman qui parvient à donner du rêve et laisse l’imagination faire son œuvre. Beau voyage !

Martine Falgayrac
(novembre 2006)

Martine Falgayrac, enseignante en cycle 2 dans une école élémentaire lyonnaise, est passionnée par l'apprentissage de la lecture. Cherchant à en communiquer aussi le goût et les plaisirs, elle puise dans la presse et la littérature jeunesse des supports variés et attractifs pour accompagner et motiver les enfants dans leurs découvertes. Elle collabore activement à Sitartmag depuis décembre 2003.

 

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