Aux
curieux et assoiffés d’aventure…
Impossible de
ne pas être d’abord attiré par le superbe visage
de couverture : traits parfaits d’une jeune fille aux yeux
verts. Quelques mèches de cheveux blonds s’échappent
d’un voile couleur bleu intense. La taille du portrait ainsi
que ses teintes franches et lumineuses incitent à feuilleter
l’ouvrage pour en savoir plus : qui est cette charmante «
fiancée » au regard si fier ? Que fait-elle, évidente
étrangère, dans le désert ?
Ainsi le lecteur
s’engage dans l’aventure, charmé par l’illustration
de Raphaël Gauthey… Il ne sera pas déçu
; l’auteur construit son roman de manière classique,
équilibrée et efficace : prologue, chapitres riches
en rebondissements, épilogue. Il fait parler son héroïne
à la première personne : Sara se présente,
jeune fille vivant dans le confort d’une bonne maison romaine,
dont les proches sont divisés par les évènements
annonciateurs de la seconde guerre. Son oncle, tyran soucieux de
préserver pour lui la fortune familiale, veut la marier au
chef local des brigades fascistes. La jeune fille parvient à
s’échapper et rejoint son grand-père à
Naples : le géologue embarque pour la Libye dans le but d’explorer
les terrains d’Afrique du Nord.
Sara se retrouve en territoire inconnu, habillée en homme,
découvrant les richesses du désert et affrontant ses
rigueurs, en compagnie de son grand-père, de ses aides et
de ses guides arabes…
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La
« roumi » s’entend bien avec Salim, le
plus jeune bédouin, « rieur et charmant
» et comme elle « curieux de tout ».
Mais la politique rattrape le groupe, puis une «
larme du désert» les atteint et la «
grande noire » les frappe… Sara et Salim
restent seuls, en plein Sahara du Sud libyen : à
pied, il leur faut longer les montagnes, escalader des plateaux
rocheux, remonter jusqu’à une ancienne forteresse
aux couleurs italiennes, pour que Sara soit enfin en sécurité.
Mais peut-elle faire confiance à Salim ? L’emmène-t-il
dans la bonne direction? Ne la protège-t-il pas seulement
pour la vendre aux nomades Touareg qui font encore à
cette époque commerce d’esclaves ?
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Tous les ingrédients
sont réunis pour tenir en haleine le lecteur : il y a certes
un fort parfum d’aventure et un bon goût d’amitié,
mais aussi le sentiment d’apprendre. Jean-Marie Defossez situe
son roman dans un contexte historique délicat, prétexte
à envoyer son héroïne au loin et bien susceptible
de provoquer des questionnements. La jeune fille parcourt le monde,
de Rome à Chicago, en passant par l’Afrique du Nord
et en y revenant, amoureuse des paysages majestueux et curieusement
variés du Sahara ; une carte est judicieusement prévue
pour y suivre le périple de l’adolescente. L’auteur
sensibilise aux transformations de la Terre, aux richesses géologiques,
au respect de la nature, à la valeur de l’eau, au bonheur
de vivre : Sara se rend compte, « grâce au désert
et à ses fragiles oasis, à quel point la vie est partout
précieuse ».
La
fiancée du désert satisfait les attentes
de son public : récit porteur d’énergies, tendre
et légèrement romantique, roman qui parvient à
donner du rêve et laisse l’imagination faire son œuvre.
Beau voyage !
Martine
Falgayrac
(novembre 2006)
Martine
Falgayrac, enseignante en cycle 2 dans une école
élémentaire lyonnaise, est passionnée par l'apprentissage
de la lecture. Cherchant à en communiquer aussi le goût
et les plaisirs, elle puise dans la presse et la littérature
jeunesse des supports variés et attractifs pour accompagner
et motiver les enfants dans leurs découvertes. Elle collabore
activement à Sitartmag depuis décembre 2003.

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