La petite oie qui ne voulait pas marcher au pas
De Jean-François Dumont

Flammarion (Père Castor), 2007

du même auteur
L’attrapeur de Mots

 

 

Beau rythme à la ferme

Voilà un bel et bon album, drôle, savoureux, rythmé…
Une petite oie, nouvelle à la ferme, est punie de ne pouvoir suivre la cadence donnée par le jars dominateur et cette punition entraîne un triomphe, le sien, inattendu.
Le bruit de son rythme de marche, original et accompagné de quelques larmes (splach snif splach) suscite l’intérêt du pic vert, qui y ajoute son propre bruit (toc) et la suit, puis celui du poulet, qui y ajoute son propre bruit (cot cot cot) et la suit, puis, etc. Jusqu’au moment où elle se trouve à la tête de tout un cortège qui compose une belle harmonie-cacophonie de bruits et de rythmes divers : danse générale au bord de la mare et déconfiture de l’autoritaire.

Tous ces rythmes sont indiqués avec une belle fantaisie graphique et typographique. Les dessins sont pleins d’humour, très colorés, variés. Une réussite.

Anne-Marie Mercier-Faivre
(novembre 2007)

 

 

 

L’attrapeur de Mots
de Jean-François Dumont

Flammarion Jeunesse
Coll. « Les albums du Père Castor »
Dès 5 ans

 

Une fois « attrapé », ce livre-là, sûr que vous ne le lâcherez pas !

Après Un bleu si bleu — également publié dans la collection « Les albums du Père Castor » — ou les périples d’un garçon en quête du bleu de ses rêves, Jean-François Dumont s’attaque aux mots et plus précisément… Aux attrapeurs de mots !

En pleine conversation avec des amis, un garçon se fait voler le mot « croche-pattes » par un étrange monsieur muni d’un vieux sac. Intrigué, il se met à suivre l’étrange personnage dans ses pérégrinations. Au fil des rues et des conversations, il l’observe à la dérobée saisir des mots pour en remplir son sac avant de s’en retourner chez lui.
À la nuit tombée, l’enfant découvrira qu’il était parti à la pêche à l’inspiration pour terminer un poème : « Des jours et des nuits que je le cherche, celui-là (…) dans un poème, si un mot ne se plaît pas, il a vite fait de déranger tous les autres ».

L’album, à l’atmosphère Triplette de Belleville, baigne dans une lumière hivernale, presque violette avec le crépuscule, et s’illumine dans les dernières pages, à la chaleur bienveillante de la lampe à huile et du « cahier jaune à spirales » que tend le vieil homme au garçon.

Sous la plume et le pinceau de Jean-françois Dumont, la poésie devient aussi réelle qu’une chasse aux papillons, un art, oui, mais vivant, sensuel, loin de l’étiquette « intellectuelle » qu’on se plait à lui attacher en France.

Maïa Brami
(septembre 2006)

 

L’amour des mots mis en récit et en album

Jean-François Dumont, auteur illustrateur, ne se contente pas de raconter des histoires et de les illustrer avec son talent particulier : il cherche aussi à délivrer un sens autre : fables ou allégories, elles sont souvent des réflexions sur notre monde. Ici, il s’agit d’un sujet difficile à mettre en récit et en images. Une énigme et une filature amènent à montrer un personnage qui incarne l’amour des mots, en un mot, un poète.
Le début de l’intrigue n’est pas totalement neuf : Le Coupeur de mots de Hans Joachim Schädlich proposait une version plus sévère du personnage. Son Filolog était là pour punir les enfants paresseux et leur montrer l’importance du travail et de la connaissance de la langue. L’attrapeur de mots de Dumont n’est pas un « coupeur », n’a pas cette agressivité, il ne cherche pas à punir qui que ce soit. Il est dans l’amour des mots et le transmet. La fin de l’ouvrage, qui montre les mots « jouer » ensemble, qui voit le langage comme un océan vivant et profond illustre bien le propos. Enfin, le narrateur-enfant, dans la dernière page, décide lui aussi de s’acheter un cahier de mots précieux pour commencer une collection. Il est à l’image de ce que l’on cherche à faire du lecteur : un regardeur de mots.
L’album invite à contempler le dessin de ces mots par le soin apporté à la typographie, que ce soit sur la couverture, sur la quatrième de couverture, sur les pages de garde et pages de titre, et tout au long du livre : ces mots volent (gros, petits, ampoulés, quotidiens…), cherchent leur sens, sont à regarder autant qu’à déchiffrer (quand on le peut) et à dire.

Anne-Marie Mercier-Faivre
(octobre 2006)

 

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