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L’Equateur,
si près si loin
On ne trouvera
pas dans La Reine des heures de
fiction unifiée, d’intrigue, mais un parcours sensible
d’un pays, l’Equateur, raconté à travers
le regard d’une jeune femme d’aujourd’hui, qui
y est née, qui y vit et qui voit beaucoup de choses à
travers le prisme de celle qu’elle appelle «la reine
des heures », une tortue géante des Galapagos,
vieille de 184 ans.
L’histoire et la géographie du pays (l’expédition
de Darwin, les tremblements de terre), le regard porté par
les étrangers (essentiellement les gringos) sur lui, les
paysages, les odeurs et les couleurs, les habitants (descendants
d’espagnols et indiens…) chaque chapitre est un fragment
de la vie de la narratrice, un événement ou une rencontre,
chacun a son tempo. C’est une belle façon d’approcher
l’ailleurs autrement que par la pure fiction et l’invention
d’intrigue et ce regard de tortue donne à cette image
de l’Amérique du sud et de la vie en général
un relief très intéressant.
Le jardin de l’homme-léopard : Serpents, aventure
et amour
Crow Station,
1954, où Wesley, onze ans, vit avec sa mère veuve
et attend l’aventure. Celle-ci commence avec un petit trafic
pas banal pour un lecteur européen : Wesley et son ami Walt
chassent en cachette les Gilas, dangereux lézards venimeux,
qui vivent tout près de chez eux, dans le désert du
Mojave, et les vendent à un chercheur en biologie discret
et peu scrupuleux. Au hasard d’une chasse, ils découvrent
qu’on construit sur la mesa des murailles dont on
ne sait ce qu’elles renferment. Wesley brave tous les interdits
pour le découvrir.
Cette histoire est racontée par un Wesley vieillissant, dont
on sait qu’il a été chercheur d’or, et
celui-ci porte un regard plein de tendresse et d’humour sur
les personnages : lui-même, son ami, et leurs dialogues toujours
les mêmes truffés d’insultes et de fanfaronnades,
sa mère, les parents de Walt, aimants et discrets mais fermes.
Le frère de Walt, qui se prend pour Brando, quelques figures
du village qu’on aperçoit ici et là.
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C’est
aussi un regard sur le désert, du moins celui de ce
temps là, silencieux, menaçant et superbe, la
nuit et le jour. Enfin, c’est un mystère, celui
d’un jardin entraperçu dans lequel on cherche
à pénétrer, au beau milieu du désert,
d’un homme (« l’homme-léopard
») défiguré et amoureux. C’est une
belle histoire très bien racontée.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(septembre 2007)
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Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

http://www.ecoledesloisirs.fr
du même
auteur
L’étincelle
L’école des loisirs (neuf),
2007
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