Le Jeu des Formes
Titre original : The Shape Game
Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Duval
Kaléidoscope , 2003
A partir de 5 ans


Présentation ludique de quelques tableaux de la Tate Gallery

Anthony Browne délaisse un temps son personnage préféré, le gorille Marcel qui aime tant les bananes, pour réaliser une ‘œuvre de commande’ comme il l’explique lui-même au début du Jeu des Formes : «De juin 2001 à mars 2002, j’ai été résident de la Tate Britain à londres en qualité d’auteur-illustrateur (…). A partir des richesses du musée, j’ai travaillé avec un millier d’enfants d’établissements publics classés difficiles. Je devais, sous la forme d’un livre, rendre compte de ce que suscitaient les œuvres de la Tate et animer les ateliers avec les enfants ».

Une famille avec deux enfants. Pour son anniversaire, la mère choisit d’emmener tout le monde dans « un endroit inhabituel » qui se révèle être la Tate Gallery, un musée de peinture londonien. Au début, les autres membres de la famille ne font preuve que de peu d’enthousiasme devant les tableaux et le père en profite pour raconter une des histoires pas très drôles qu’il semble affectionner : «Pourquoi les gorilles ont-ils d’énormes narines ? (…) Parce qu’ils ont d’énormes doigts !»

Cependant la magie des œuvres opère doucement et la famille détaille un tableau où un homme découvre que sa femme le trompe ; de nombreux indices (indiqués par des flèches) viennent renforcer la scène : un bateau qui sombre, le château de cartes des enfants qui s’écroule… tout cela est fort intéressant mais ne correspond pas vraiment à la tranche d’âge des lecteurs français (5 ans). Plus loin, notre Napoléon national donne l’occasion de jouer au jeu des différences (les Anglais ont toujours autant d’humour). L’étude la plus intelligente a lieu lorsque le fils aîné s’enthousiasme devant une scène de guerre, «Imagine que cela arrive réellement dans notre rue» lui rappelle sa mère et le même tableau se retrouve modernisé avec des soldats en treillis. Dans les dernières œuvres, c’est le Papa qui est de nouveau à l’honneur en remplaçant à lui seul tous les personnages des tableaux… L’occasion de ressortir quelques blagues. A la sortie du musée, les enfants repartent avec un cahier et deux feutres, ils vont enfin pouvoir s’adonner au jeu des formes du titre, comme l’ont fait des milliers d’écoliers en compagnie de l’auteur.

Malgré la bonne volonté d’Anthony Browne, Le Jeu des Formes reste peu intéressant en soi : 9 tableaux seulement sont représentés et l’éditeur ne s’est même pas donné la peine de traduire les titres des tableaux en français (les artistes présentés sont par ailleurs complètement inconnus de ce côté de la Manche). Il est dommage d’exploiter ainsi la notoriété d’un auteur et dans la même veine, mieux vaut acheter Les tableaux de Marcel (kaléidoscope) où Anthony Browne fait découvrir avec talent des tableaux mondialement connus.

Anne Weber
(novembre 2003)

http://www.editions-kaleidoscope.com

http://www.ricochet-jeunes.org/auteur.asp?name=Browne&surname=Anthony

http://www.soemadison.wisc.edu/ccbc/friends/browne.htm

http://books.guardian.co.uk/departments/childrenandteens/story/0,6000