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Voulez-vous
danser ?
Dans la même
lignée que le précédent ouvrage de Judith Elbaz
(Colourful), Le Mouvement
en montagne se présente comme un texte explorant
les possibilités de la littérature, sans personnage,
sans trame narrative, sous la forme d’un puzzle : succession
de phrases évoquant des bribes de souvenir, des citations
et des pastiches, des réflexions, récits de rêves
et tentatives d’analyse, langues entremêlées
(bribes de paroles de tangos en espagnol), rêveries sur les
mots…
On se demande tout au long s’il vaut la peine de tenter de
reconstituer ce puzzle, tant on a l’impression que les «
trous » sont importants et que l’auteur n’a aucunement
l’intention de nous y guider. Même chose pour le rapport
du titre au texte.
Le thème de l’exploration de la mémoire apparaît
parfois comme l’objet hypothétique du livre. Mais comme
celui-ci ne présente pas de sujet central, ou un sujet qui
se dérobe, on a du mal à s’y intéresser
: on lira le texte davantage pour la façon dont ces fragments
sont dits, pour l’écriture très souple qui s’adapte
à chaque objet, plutôt que pour leur contenu.
Reste donc une lecture qui repose sur le rythme, comme un tango
(l’auteur enseigne cette danse) : ralentissements, accélérations,
suspensions. Et qui en explore les thèmes : le souvenir,
le regret, la recherche de la solution d’un mystère
dont on n’a pas les éléments.
Il faut donc lire en se laissant porter par cette proposition d’une
autre façon de vivre la littérature, comme une danse
ou une chanson, assez déroutante, charmante aussi et très
prenante si on se prête au jeu et si l’on accepte ce
nouveau mode attribué à la littérature, que
certains trouveront un peu léger.
La brièveté de l’ouvrage rend la tentative aisée
et l’expérience intéressante.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(octobre 2007)
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

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