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Texte inédit
(en projet aux Editions Les Solitaires Intempestifs)
La pièce sera créée le 8 janvier 2002 à
la Maison de la Culture de Bourges Scène Nationale
C'est
dans l'univers ludique et ambigu de la petite enfance que Bourdieu
et Podalydès nous plongent d'emblée ; un univers sobre,
réduit à l'essentiel, où seuls les mots ont
leur importance : Pauline oblige son jeune frère Jean à
jouer à un jeu de son invention ; la règle en est
simple : remplacer "je" par "tu" et inversement.
Cet amusement langagier anodin va peu à peu devenir pour
Jean l'unique et mécanique outil de communication, provoquant
un dérèglement psychologique irrémédiable.
Les années passent et Jean ne peut plus s'exprimer autrement
: il est incapable de connaître ses propres pensées,
mais il peut lire celles des autres. On assiste alors à la
lente et chronologique (tous les cinq ans) déconstruction
de l'esprit d'un personnage en lutte perpétuelle contre cette
aliénation mentale, contre ce sentiment d'étrangeté
à sa propre conscience. La déconstruction du langage
se double d'une régression physique, les mots disparaissent
peu à peu et le ludique de l'enfance s'est transformé
en la défaite de toute une vie.
Jean tente de deviner ou d'éprouver ses sentiments à
travers l'esprit des autres : est-il amoureux ? Peut-être,
si sa femme l'est. Est-il sensible à l'art, à la beauté
? Sûrement, si les autres le sont... Ce va et vient permanent
entre le rationnel ("Je suis moi") et l'irrationnel ("Je
est un autre"), cette manière toute particulière
de montrer un personnage doutant des lois qui régissent son
univers, créent la dimension fantastique de la pièce.
Un fantastique qui bascule dans le réalisme uniquement pour
montrer l'ambiguïté des liens qui unissent les personnages
(Pauline, la soeur incestueuse, son mari désirant la femme
de Jean) ou bien pour renforcer leur enfermement : Jean devient
nerveux, hésitant, prisonnier de ses gestes ; Pauline s'enferme
dans son personnage de soeur possessive jusqu'à la folie.
Un enfermement parfaitement évoqué par le décor
minimaliste, par une scène à multiples plates-formes,
où les comédiens font leurs entrées et leurs
sorties en empruntant d'exigus couloirs, comme des rats dans la
cage d'un laboratoire de recherche.
Nous interrogeant sur le rapport de notre propre conscience à
celle d'autrui, Jean, personnage lucide bien qu'aliéné,
nous pose la question de savoir s'il est plus facile de connaître
les autres que de se connaître soi-même.
Ce conte fantastique moderne est le récit de cette impossibilité
à y répondre.
Olivier
Longre
(janvier 2002)
Théâtre Les Ateliers
5, rue du petit david
69002 Lyon
réservations 04 78 37 46 30

La
Candidature / Les trois théâtres
d'Emmanuel Bourdieu
Théâtre
Les Ateliers
http://www.theatrelesateliers.com
http://www.comedie-francaise.fr/biographies/podalydes.htm
http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/bourdieu/pdgeb.htm
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