François Jeanneau
Quand se taisent les oiseaux

BEE JAZZ BEE017, distr. Abeille Musique, 2007


 

François Jeanneau (saxophone soprano), Emil Spanyi (piano & claviers),
Sébastien Boisseau (contrebasse), Guillaume Juramie (basse électrique), Joe Quitzke (batterie, percussions), Ablaye Cissoko (kora et vocaux sur plages 1, 4 & 9) Rumeurs (F.J. et Sylvia Versini)

1/ Alerte 3. 2/ Rumeurs. 3/ Quand ses taisent les oiseaux. 4/ Ninki (le dragon). 5/ L’envol d’Eole. 6/ L’œil du cyclone. 7/ Au dehors, les éléments. 8/ Tourmentes. 9/ Tara (Renaissance). 10/ L’embellie.
Compositions de François Jeanneau sauf plages 4 & 9 de Ablaye Cissoko
Enregistré en juin 2006

 


Un retour longtemps attendu

Cela faisait douze ans que ce fringant septuagénaire (depuis peu) n’avait pas enregistré de disque sous son nom, en France… car il a eu l’occasion lors de ses nombreuses tournées d’enregistrer un album au Montenegro et quatre au Kazakhstan ! Il était donc grand temps que ce saxophoniste, compositeur, arrangeur, enseignant, fondateur de l’Orchestre National de Jazz, de la classe de Jazz du Conservatoire Supérieur de Musique et de la Danse de Paris ainsi que de l’OJEA (Orchestre de Jazz Europe – Afrique) ou encore de la classe de Jazz du Conservatoire de la Réunion (où il séjourna)… réalise cet album avec les musiciens avec lesquels il joue régulièrement, Emil Spanyi, Guillaume Juramie et Joe Quitzke.
On connaît la carrière bien remplie depuis ses débuts à la fin des années 50, on se souvient du premier disque sous sa signature en 1975, Une bien curieuse planète, du trio HJT agité (Humair-Jeanneau-Texier), de son Pandémonium et bien évidemment du premier ONJ en 1986, le plus intrinsèquement « jazz » de tous avec de superbes arrangements et du Quatuor de saxophones.

Avec ses compagnons habituels plus la présence de Sébastien Boisseau à la contrebasse, François Jeanneau présente le récit d’une tempête tropicale, sans aucun effet de musique à programme trop descriptive mais propose plutôt la transcription d’émotions fortes lorsque arrive une catastrophe comme une tempête tropicale. Il a choisi de s’exprimer uniquement par/avec le saxophone soprano qu’il maîtrise totalement avec une sonorité pleine et généreuse pour l’instrument.
Toutes les phases de ce désastre sont donc évoquées sans grandiloquence (inquiétant Au dehors, les éléments, terrifiantes Tourmentes), démonstration gratuite ou surcharge émotionnelle dans son déroulement grâce à une écriture concordante tout en laissant place au vocabulaire des signes du « sound painting », code de communication créé par Walter Thompson selon ses partenaires.

On note la présence sur trois titres de la joueuse de kora et vocaliste Ablaye Cissoko (avec laquelle F.J. joua en Afrique) qui conclue par L’embellie, longtemps espérée, tant attendue.
Pour son « retour » discographique en France, François Jeanneau signe un bien bel album (mis en valeur par la production). Connaissant le musicien, nul ne pouvait en douter

Jacques Chesnel
(février 2007)

Jacques Chesnel, membre démissionnaire de l'Académie du Jazz, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le jazz dont Le Jazz en quarantaine, 1940-1946 (Isoète) et Les Grands Créateurs de Jazz avec G.Arnaud (Bordas) ; il a été consultant et auteur pour l'Encyclopédie Encarta sur CD-Rom.
Peintre, il prépare une rétrospective de 50 années de peintures inspirées par le Jazz.
www.jazz-chesnel.com

 

http://www.abeillemusique.com