François
Jeanneau (saxophone soprano), Emil Spanyi (piano & claviers),
Sébastien Boisseau (contrebasse), Guillaume Juramie (basse
électrique), Joe Quitzke (batterie, percussions), Ablaye
Cissoko (kora et vocaux sur plages 1, 4 & 9) Rumeurs (F.J.
et Sylvia Versini)
1/
Alerte 3. 2/ Rumeurs. 3/ Quand ses taisent les oiseaux. 4/ Ninki
(le dragon). 5/ L’envol d’Eole. 6/ L’œil
du cyclone. 7/ Au dehors, les éléments. 8/ Tourmentes.
9/ Tara (Renaissance). 10/ L’embellie.
Compositions de François Jeanneau sauf plages 4 &
9 de Ablaye Cissoko
Enregistré en juin 2006
Un retour longtemps attendu
Cela faisait
douze ans que ce fringant septuagénaire (depuis peu)
n’avait pas enregistré de disque sous son nom,
en France… car il a eu l’occasion lors de ses nombreuses
tournées d’enregistrer un album au Montenegro et
quatre au Kazakhstan ! Il était donc grand temps que
ce saxophoniste, compositeur, arrangeur, enseignant, fondateur
de l’Orchestre National de Jazz, de la classe de Jazz
du Conservatoire Supérieur de Musique et de la Danse
de Paris ainsi que de l’OJEA (Orchestre de Jazz Europe
– Afrique) ou encore de la classe de Jazz du Conservatoire
de la Réunion (où il séjourna)… réalise
cet album avec les musiciens avec lesquels il joue régulièrement,
Emil Spanyi, Guillaume Juramie et Joe Quitzke.
On connaît la carrière bien remplie depuis ses
débuts à la fin des années 50, on se souvient
du premier disque sous sa signature en 1975, Une bien curieuse
planète, du trio HJT agité (Humair-Jeanneau-Texier),
de son Pandémonium et bien évidemment du premier
ONJ en 1986, le plus intrinsèquement « jazz »
de tous avec de superbes arrangements et du Quatuor de saxophones.
Avec ses
compagnons habituels plus la présence de Sébastien
Boisseau à la contrebasse, François Jeanneau présente
le récit d’une tempête tropicale, sans aucun
effet de musique à programme trop descriptive mais propose
plutôt la transcription d’émotions fortes
lorsque arrive une catastrophe comme une tempête tropicale.
Il a choisi de s’exprimer uniquement par/avec le saxophone
soprano qu’il maîtrise totalement avec une sonorité
pleine et généreuse pour l’instrument.
Toutes les phases de ce désastre sont donc évoquées
sans grandiloquence (inquiétant Au dehors, les éléments,
terrifiantes Tourmentes), démonstration gratuite
ou surcharge émotionnelle dans son déroulement
grâce à une écriture concordante tout en
laissant place au vocabulaire des signes du « sound painting
», code de communication créé par Walter
Thompson selon ses partenaires.
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On
note la présence sur trois titres de la joueuse
de kora et vocaliste Ablaye Cissoko (avec laquelle F.J.
joua en Afrique) qui conclue par L’embellie,
longtemps espérée, tant attendue.
Pour
son « retour » discographique en France, François
Jeanneau signe un bien bel album (mis en valeur par la
production). Connaissant le musicien, nul ne pouvait en
douter
Jacques
Chesnel
(février 2007) |
Jacques
Chesnel, membre démissionnaire de l'Académie
du Jazz, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le jazz dont
Le Jazz en quarantaine, 1940-1946 (Isoète) et
Les Grands Créateurs de Jazz avec G.Arnaud (Bordas)
; il a été consultant et auteur pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom.
Peintre, il prépare une rétrospective de 50 années
de peintures inspirées par le Jazz.
www.jazz-chesnel.com

http://www.abeillemusique.com