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décor
Jean-Paul-Chambas
costumes Patrice Cauchetier
lumière Alain Poisson
avec
Olivier Angèle, Anne Benoit, Valérie Blanchon,
Rémy Carpentier, Philippe Crubézy, Xuan Dao,
Jean-Charles Dumay, Michèle Foucher, Eric Frey, Pierre
Gondard, Flore Lefebvre des Noëttes, Alexandre Le Nours,
Guillaume Lévêque, Lucien Marchal, Charlotte
Maury-Sentier, Alain Rimoux, Nadège Taravellier
production
Théâtre National de la Colline, Studio Libre,
Centre dramatique national de Savoie
Grand
Théâtre : Du mercredi au vendredi 20h30,
mardi 19h30, samedi et dimanche 15h30
Prochaines
dates
Orléans,
11-12 février 2003
CDN d'orléans
02 38 81 01 00
Annecy,
18-20 mars 2003
Centre dramatique national de Savoie
Bonlieu Scène nationale
04 50 33 44 11
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Ils
sont donc deux. Deux jeunes hommes frais émoulus des
Écoles, assez brillants et ironiques : Marc Später
et Jean-Michel Blot. Le premier est le candidat, adoubé
par la Ville et lÉtat, à la direction
de ce Centre Culturel. Lautre est son complice, celui
qui vient pour être son second. Réflexe bien
connu : on préfère toujours débarquer
à deux dans une institution existante, au moins à
deux, afin de mieux
maîtriser ces vieux corps ossifiés
Mais
cela pose toujours problème. Tout lenvironnement
préfère avoir affaire à un homme isolé.
(...) Cette comédie noire raconte la fin dune
amitié.
(Jean-Pierre
Vincent)
Théâtre
National de la Colline
15
rue Malte-Brun, Paris 20e
01 44 62 52 52
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Petit meurtre entre amis
Reconnu après
sa mort comme l’un des auteurs les plus importants de sa génération,
Jean Luc Lagarce laisse une longue bibliographie derrière
lui. Avec Les Prétendants, l’auteur
et co-fondateur des Solitaires Intempestifs propose
une trame extrêmement simple et efficace. Avec pour point
de départ le changement de direction d’un centre national,
la pièce prend la forme d’une partition musicale d’Erik
Satie, drôle et satirique, remplie d’annotations propices
aux rires et à l’amusement, spécialité
du célèbre compositeur. Petits drames privés
et décisions publiques ainsi s’entremêlent, fichant
un joyeux désordre dans la sphère culturelle de cette
petite ville de province. Surexcité et maladroit, le personnel
de la "maison" ne sait comment négocier la venue
de l’envoyé du ministère, homme d’état
condescendant et pince sans rire qui, fraîchement débarqué
en taxi, en impose par un silence ironique. Prétexte à
une véritable crise de nerfs, l’incident du taxi crée
drame sur drame étant donné qu’aller le chercher
à la gare ne demandait pas une intelligence frénétique,
réplique phare colportée tout au long du spectacle.
C’est que chacun joue sa place dans la nouvelle configuration
de la maison - de l’établissement, comme se plaît
à dire la représentante de la municipalité
– et qu’une bourde de ce type pourrait être regrettable
pour le responsable… Dès lors la tension règne
tandis que Marc Später, qui s’apprêtait à
être sacré, voit son énigmatique ami, Jean Michel
Blot, errer comme un chien en peine, sûr de la trahison prochaine.
La pièce imprime alors son rythme de croisière et
Jean-Pierre Vincent d’échafauder un intelligent plan
de bataille pour organiser ses troupes. Sur ce point, on ne peut
que saluer le pragmatisme du metteur en scène qui, avec quelques
chaises et un décor réduit au strict minimum, obtient
un résultat tout à fait convaincant : L’espace
scénique est remarquablement utilisé, les 17 acteurs
se déplacent avec harmonie, occupent la moindre parcelle
du plateau, s’expriment avec une relative sobriété,
la lumière, contaminée par cette fluidité que
dégage le plateau, illumine parcimonieusement le décor
et n’exprime que les coupes d’un texte où chaque
personnage a son mot à dire.
Ainsi équilibré, Les Prétendants
est une farce tragi-comique des plus agréables, sans compter
que les acteurs brillent par leur légèreté,
avec une mention spéciale pour Anne Benoit, extravagante
maîtresse de cérémonie, qui conduit la danse
de ce drôle de petit monde où Alexandre Le Nours et
son complice Xuan Dao, acteurs tout droit sortis de l’E.R.A.C,
agacent et figurent à eux seul toute l’inconséquence
de la jeunesse. D’une durée avoisinant les deux heures,
Les Prétendants s’avère
être une comédie bien huilée et sans prétention
qui, rondement mené par un Jean Pierre Vincent, fidèle
à lui-même, réchauffe par le rire, proposant
du reste une alternative radicale au spectacle de Jean
Marie Patte.
Philippe
Beer-Gabel
(Janvier 2003)

du
même auteur
J'étais dans ma maison et j'attendais
que la pluie vienne
(mise en scène de Joël Jouanneau)
Le Pays
lointain (Les solitaires intempestifs, 1995)
Les
Prétendants a paru aux Éditions
Les Solitaires Intempestifs en 2002
http://www.colline.fr
http://www.solitairesintempestifs.com/
http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/lagarce/pdg.htm
http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/lointain/pdg.htm
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