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Chronique
de F. Gayet
Chronique
de Philippe Anthonioz
African
Suite pour Trio et orchestre à cordes
Abdullah Ibrahim (piano), Belden Bullock (contrebasse),
Georges Gray (percussions), Orchestre National de Lyon Paul Mauffray
(direction)
Sipho Kunene (batterie)
Orchestre symphonique à cordes de Lyon :
Paul Mauffray : direction / F. Payet-Labonne : violon solo / K.
Sahatci, Y. Chalamon, S. Haffner, R. Zgorrzalek : premiers violons
/ C. Menneson, B. Boulfroy, K. Chimoto, H. Tsurusaki : seconds violons
/ J.P. Oswald, P. Laget, A. Asanovic, F. Lombard : altos / E. Sapey-triomphe
D.Denni, V. Falque : violoncelles / F. Bokani, G. Frey : contrebasses.
"Abdullah
Ibrahim (photo ci-dessus), né en Afrique du Sud en 1934,
bercé dès son plus jeune âge par la musique
africaine traditionnelle, s'initie très vite au jazz dès
ses premières leçons de pianos en 1941 et devient
rapidement musicien professionnel.(...) La musique d'Abdullah Ibrahim
touche un public international depuis maintenant plus de trente
ans. Fusion de jazz, de rythmes africains, d'influences arabes,
de musique chorale anglaise et de musique de l'école romantique
européenne, sa puissance et son authenticité témoignent
de sa grande spiritualité.
En ajoutant une sonorité inhabituelle de caractère
et de sensibilité européenne aux mélodies et
aux rythmes africains d'Abdullah Ibrahim, son album " African
Suite " est devenue la preuve musicale irréfutable d'un
lien " Occident/Afrique " existant depuis toujours dans
l'uvre du compositeur."
An
evening with two pianos, quatre grands pianistes new-yorkais
Kenny Barron, Mulgrew Miller, Benny Green, Eric Reed
une rencontre autour de l'improvisation, du jazz, de deux pianos,
à quatre ou huit mains.
Eric
Reed : En plus d'être un excellent pianiste, Eric Reed
né à Philadelphie en 1970, est un des plus grand penseurs de la
nouvelle génération jazz. Ses influences proviennent du Gospel et
de son admiration pour les grands artistes du Jazz tels que Ahmad
Jamal, Erroll Garner, Oscar Peterson, McCoy Tyner.
Mulgrew
Miller est né en 1955 à Greenwood. Son
adolescence est bercée par le Gospel, le Rhythm & Blues
et la musique classique européenne.Riche de ces nombreuses
expériences Mulgrew Miller, est devenu un des pianistes les
plus demandé de la scène New-Yorkaise.
Benny
Green : Né à New York en 1963, Benny Green grandit
en Californie et commence le piano à l'âge de sept
ans. Très influencé par son père, un grand
saxophoniste, il s'oriente naturellement vers le Jazz et s'initie
très tôt à l'improvisation en essayant d'imiter
les musiques que son père lui fait écouter. Il se
produit ensuite avec différents artistes comme Diana Krall,
Freddie Hubbard, Bobby Watson, Ray Brown
Kenny
Barron : Né à Philadelphie en 1943, Kenneth Barron étudie le
piano avec la sœur de Ray Bryant et progresse rapidement dans ce
domaine si bien qu'il intègre en 1957 l'Orchestre Melvin, un groupe
local dans lequel joue son frère. Depuis les années 90, il est considéré
comme un artiste phare et devient une référence dans sa catégorie
: le Jazz Contemporain.

Chronique
Malgré cette programmation de milieu de semaine, et une seconde
soirée prévue le samedi suivant, une nouvelle fois
dans le cadre de Jazz à Vienne,
un très nombreux public s'est pressé pour accueillir
une pléiade d'artistes de renom.
Il faut toutefois noter que l'affiche « Jazz symphonique » avait
attiré de nombreux abonnés (et curieux) du traditionnel
programme de musique classique de l'auditorium. Ce mélange
de genres et de publics est toujours réjouissant. Il confirme
que la musique peut réunir diverses sensibilités en
une même soirée, et que les mélomanes de tous
bords sont prêts à partager leurs goûts et leurs
tendances sans à priori, même s'il faut reconnaître
que ces deux « castes musicales » se côtoient déjà
sur les bancs de nos conservatoires. Ce fut en tout cas le symbole
de cette soirée originale, ce qui fut tout à l'honneur
des organisateurs, de l'orchestre national de Lyon et des artistes
de jazz présents.
En 1ère Partie une Création française
AFRICAN SUITE d'Abdullah Ibrahim.
20 h 40 Dès les premières notes, le public fut comme
transporté à quelques milliers de kilomètres
de là, dans l'Afrique natale du compositeur. Et les 10 suites
s'enchaînèrent dans un silence religieux et profondément
respectueux pour cette musique originelle dont le tempo, pourtant
très mesuré, faisait battre du pied ensemble les 21
musiciens… et sans aucun doute la plupart des spectateurs !
Le toucher cristallin d'A. Ibrahim et le jeu tout en finesse de
ses deux associés se marièrent à merveille
avec les 72 cordes de l'orchestre. Par moment, on crut même
assister à un concert intimiste où personne ne voulait
vraiment se placer en leader. Jamais, A. Ibrahim, tout comme F.
Payet-Labonne ou le batteur S. Kunene (qui remplaçât
au pied levé, et de quelle façon, G. Gray, titulaire
à la batterie) ne firent démonstration exagérée
de leurs talents de virtuose. Pour preuve, l'ardeur du jeune chef
d'orchestre américain P. Mauffay qui cherchait souvent à
« réveiller » ses artistes pour donner du volume et les nuances
que sa formation était capable de produire.
Entre chaque pièce A. Ibrahim créait le lien musical
par un discret solo de notes égrenées tirées
de l'ouverture qui n'était pas sans rappeler l'hypnotique
boléro de Ravel. D'ailleurs cette musique se voulait comme
mélange de genres : Africain du sud, Européen et oriental,
mais toujours dans des thèmes volontairement épurés,
sans doute pour rappeler que la musique africaine repose souvent
sur un simple rythme ternaire.
L'apogée de cette première partie fut sans aucun doute
l'interprétation de la septième suite, intitulée
« Wedding » (mariage en Français ) qui tira la quintessence
des musiques africaine et européenne pour se marier dans
une composition d'un charme très romantique.
Ce fut d'ailleurs l'un des deux morceaux que choisirent d'interpréter
une nouvelle fois les artistes au premier rappel de l'auditoire.
Le concert se termina par une longue acclamation du public et une
satisfaction et une émotion non dissimulées des artistes
envers leur maître de la soirée, qui conclut par une
propre composition de tendance Ellingtonienne jouée en trio.
En
2ème PARTIE une première mondiale :
DEUX DUOS DE PIANISTES ET PIANO A QUATRE MAINS
22h 20 La deuxième partie, comme lors des deux précédents
concerts de Liz MacComb et Charles
Lloyd fut, elle, marquée par l'attitude peu respectueuse
d'une certaine partie du public qui se permet de quitter la salle
en plein concert. Le plus curieux est, que c'est le plus souvent
le fait de personnes ayant atteint un âge respectable... celles
qui se permettent également sans doute, de qualifier de « zappeur »
la nouvelle génération. C'est en tout cas très
dommage, et très gênant pour ceux qui restent, de constater
que des gens, pour le moins éduqués, ne puissent pas
faire « l'effort » de rester encore 10 ou 15 minutes de plus (à
23 h 10, on se doute bien que le concert ne va pas durer encore
une heure !) afin de respecter les artistes internationaux dont
la renommée n'est pas le fruit du hasard ou d'un vulgaire
« top cinquante » de pacotille.
Cela étant dit, cette fois encore les organisateurs firent
preuve d'audace puisque ce schéma de deux duos de pianos
et à quatre mains fut une première mondiale ! Les
deux premiers interprètes qui se prêtèrent à
cette expérience furent Eric Reed et Benny Carter. Ces jeunes
musiciens ont déjà une impressionnante carte de visite.
Eric Reed a tourné avec Wynton Marsalis, Ron Carter, Cassandra
Wilson et quant à Benny Carter il fut très tôt
découvert par le grand Oscar Peterson, puis joua avec son
compagnon Ray Brown et Diana Krall.
Ils interprétèrent de façon très complémentaire
de grands standards comme Sweet georgia brown, ou encore
l'incontournable Round midnight. Tous deux dégagèrent
une impression de plaisir de jouer et de joie de vivre peu commune.
Malgré leur age, on aurait pu les qualifier de « vieux complices ».
Benny Green fit preuve d'une technique impressionnante et d'un inépuisable
phrasé, souvent soutenu il est vrai, par une époustouflante
ligne de basse jouée à une ou deux mains par son alter
ego.
Ce « défi artistique » se conclut en une généreuse
et émouvante embrassade des deux pianistes sous les applaudissements
nourris du public.
23 h 00 Deuxième duo par les aînés de cette
soirée de joutes pianistiques. On ne présente plus
Mulgrew Miller et le grand Kenny Barron. Mulgrew n'a rien à
envier à son compatriote sinon que sa plus grande expérience
due à ses douze années de différence. Même
si les deux artistes firent une tournée ensemble en 1995,
hier soir, K. Barron fut bien le « patron » de ce duo d'amis qui
termina leurs standards par un mémorable « Blue Monk ». Le
toucher de Miller, plus dépouillé mais très
riche fit le pendant au jeu très coloré de Kenny Barron
qui adore jouer en duo (avec Ron Carter ou Michael Moore par exemple
à la contrebasse, Album « 1+1+1 » chez Black Hawk).
Ces deux grands noms du jazz firent preuve de l'immense talent que
l'on attendait d'eux, mais aussi d'un remarquable sens du professionnalisme…
puisqu'ils jouèrent sans jamais avoir l'air de remarquer
les mouvements du public « déserteur », et aussi puisqu'ils
revinrent, après un chaleureux rappel, jouer à quatre
mains deux très beaux morceaux dont un traditionnel blues
en Si b. Merci Messieurs !
François
Gayet
Chronique
A
propos d'African Suite d'A.Ibrahim
Préambule: On ne peut rentrer, nous semble t-il, dans la
musique d'Ibrahim sans accepter d'adhérer à un climat,
d'intérioriser cette main gauche qui lance systématiquement
la rythmique relayée ensuite par la contrebasse, cette "savante"
répétitivité qui vous imprègne, cette
mélopée spirituelle, les douleurs et les richesses
de "son" Afrique...
Créé en Février 1998 à Zurich avec l'orchestre
de chambre de cette ville, African Suite est une composition d'Ibrahim
pour trio de jazz et petite formation classique à cordes.
Constituée d'une dizaine de mouvements, cette pièce
nous fait passer de l'évocation d'un gros rocher située
au Cameroun (Mindif) à son fils (Tsakwe), mouvement à
la rythmique significative, à Blanton (ancien contrebassiste
du Duke) mouvement où les violoncelles jouent un peu comme
des contrebasses sans l'appui du trio.
Ce soir là, Ibrahim, visiblement au dernier moment, n'a pas
souhaité interpréter l'ouverture (Rite) mais, par
contre a souhaité adjoindre à sa composition un de
ses standards des années 80 "Thaba Bango" (Mountain on the
night) tout à fait dans l'ambiance de l'œuvre. African Suite
est une pièce d'une écriture classique et limpide.
Elle allie fort bien des sonorités et des cultures musicales
que certains "grands du Jazz" n'ont pas toujours su concilier...Formidable
musicalité de ce "faiseur d'atmosphère"!
Sous la direction de Paul Mauffray, jeune chef d'orchestre natif
de New Orleans, qui eut le privilège d'user les mêmes
bancs d'écoles de musique que la tribu des Marsalis, entre
autres, l'ensemble à cordes, magistralement dirigé,
accomplit une performance époustouflante de justesse, en
s'adaptant parfaitement à des phrasés différents
(Jazz et Classique).
Le "maître", de son coté, fit bien son travail...sans
plus, sans doute moins motivé (L'auditorium était
à moitié rempli). Il n'excella pas, notamment dans
les relances rythmiques. Il faut dire qu'il ne fut pas aidé
en cela par le jeu approximatif, ce soir là, de son batteur.
Des percussions africaines auraient sans doute mieux fait l'affaire...
Reste qu'on a vraiment hâte de réécouter "African
Suite"(CD ENJA TIP-88883 32) pour prolonger ce grand moment
de Musique qui nous a été donné d'entendre.
A
propos d'une soirée à deux pianos
L'auditorium nous conviait le même soir à découvrir
ou redécouvrir dans une nouvelle configuration, en duo puis
comme une cerise sur le gâteau en quartet sur 2 pianos, Eric
Reed et Benny Green, qui débutèrent en improvisant
sur 3 standards dont 1 de Gillepsie : Délicieux moment! Décidément,
cette nouvelle génération, disons des trentenaires,
a tout assimilé de Debussy à Monk, ô combien
respectueuse des "maîtres" mais suffisamment imaginative pour
créer leur musique.
Kenny Barron et Mulgrew Miller leur succédèrent sur
une rythmique afro-cubaine dont Gillepsie, toujours lui, avait le
secret. Ils poursuivirent par T.Monk. Quelle qualité de son!
Quel talent de "surfeurs" sur thèmes archi joués pourtant
mais qu'ils réinventent à chaque fois! Longtemps resté
dans l'ombre des géants qu'il accompagnait (Gillepsie, Getz
entre autres), Kenny Barron (58 printemps), confirme depuis une
dizaine d'années qu'il est désormais un très
grand.
Mulgrew Miller (46 ans), quant à lui, impose sa virtuosité
et sa musicalité. Son brillant parcours, très éclectique,
va des Art Blakey Jazz Messengers au Tony Williams quartet en passant
par l'accompagnement entres autres de la regrettée Benny
Carter ; il intervient depuis quelques années en leader.
Nos quatre compères se retrouvèrent au final pour
un huit mains sur un standard de Monk...Etonnante complicité...
Un regret toutefois : Cette deuxième partie, aurait mérité
de faire l'objet d'un concert à elle toute seule avec, pourquoi
pas Kenny Barron en piano solo. Régal assuré !
Philippe
Anthonioz
Auditorium
de Lyon
89 rue de Bonnel
69003 Lyon
04 78 95 95 95
Tarif réduit pour les Abonnés " Jazz à Vienne "

http://www.jazzavienne.com/
Abdullah Ibrahim
http://apk.net/~hoon/6Mantra_Modes.html
http://www.enjarecords.com/ABDULLAH_IBRAHIM.htm
http://www.mcity.fr/lab/roots/chroniques/chronique_419.php3
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