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Joshua
Redman est en train de marquer de son empreinte le
monde du jazz, ou plutôt la musique contemporaine. A chacune
de ses prestations, que ce soit aux USA, en Europe ou sur un autre
continent, J. Redman produit cette alchimie capable de rassembler
deux, voire trois générations de mélomanes
férus de standards, de bebop, de neobop, de blues et même
de swing !
Ici pas d'élitisme, pas de cercle d'initiés, pas
d'esbroufe, en un mot pas de mode, sa musique est pour tout le
monde et pour longtemps. Et c'est bien ce qui est le plus rare
dans le monde de l'art, car o combien difficile à atteindre.
J. Redman sait faire preuve de talent mais aussi d'humilité
et même d'humour, ce qui ne doit pas être monnaie
courante chez ses anciens camarades de classe de Harvard et de
Yale.
En cette soirée, cette formation nous interpréta
six morceaux de choix où le leader comme ses accompagnateurs
purent donner le meilleur d'eux-mêmes. Durant une heure
trente, le quartet a interprété 6 morceaux de style
très différents : Un blues aux douze mesures très
chaloupées, dont le public, sous la direction de J.R.,
put reprendre le tempo sur les blanches ;
Une ballade au thème sobre et dépouillé soutenu
par les balais de G. Hutchinson, au cours duquel J.R. se plaça
dans la pénombre pour mieux mettre en valeur le chorus
de ses complices, qui montèrent progressivement en intensité
pour finir en " mourant " sur l'archet de la contrebasse de Rodgers
; et enfin une sublime version de Summertime de Gershwin
que J.R. entama en solo comme un exercice de style et dont la
pulsation passa progressivement de 60 à 140 (comme notre rythme
cardiaque d'ailleurs), pour finir par un époustouflant
solo de batterie de Rodgers qui conquit définitivement
l'assistance.
On
regrettera toutefois un défaut de sonorisation (il faut
dire que la salle et la technique se prêtent mieux aux
grands ensembles musicaux) qui privilégia trop les volumes
du saxophone et de la batterie au détriment de ceux de
la contrebasse et du piano, ce qui agaça visiblement
A. Goldberg.
Deuxième
partie : 22h40 -24h00
On peut dire que Charles Lloyd
n'est pas chanceux dans le cadre de Jazz à Vienne, puisque après
avoir essuyé les pires trombes d'eau du mois de juillet
dernier il eut cette fois la difficile tâche de passer
après une impressionnante prestation de la formation
de J. Redman.
En effet, ce monsieur du jazz et ses "amis" ne doivent guère
être habitués à voir se dégarnir
leurs salles en cours de concert, ce qui fut le cas en partie
en cette soirée du 12, mais sans que ce soit pour autant
de manière dramatique. A cela plusieurs raisons, qui
devraient sans doute faire réfléchir l'organisation
de l'année prochaine puisque la formule Vienne + Lyon
2000-2001 fut officiellement annoncée en cette soirée.
Tout
d'abord, Lyon n'est pas Vienne, même si beaucoup d'habituels
festivaliers se retrouvèrent durant ces trois concerts,
(lorsque les parkings ferment leurs portes à minuit,
comment faire autrement que partir au moins un bon quart d'heure
avant l'heure fatidique ?)
En outre, le grand âge de C. Lloyd imposait peut-être
de passer après son cadet de près de trente ans,
mais le style o combien plus cool (trop bavard diront même
certains) fit considérablement baisser la tension et
l'intérêt des spectateurs non prévenus ;
Enfin, la longueur des morceaux et l'impossibilité chronique
qu'a cette formation de faire " monter la sauce ".
Sinon,
les inconditionnels (et les plus respectueux), purent admirer
la grande classe que dégage ce " monsieur " du sax ténor
qui arrêta toute activité musicale pendant plus
de vingt ans pour revenir sur la scène en partie grâce
à Michel Petrucciani. Sa sonorité chaude et le vibrato
ample se marient à merveille avec les sonorités
fluides de J. Abercrombie dont le manche de sa guitare n'a plus
de secret, lui qui fut un talentueux touche à tout …
du classique à J. Hendrix en passant par le blues le
plus pur.
Cette formation, bien que techniquement irréprochable
(le batteur fut remplacé sur le fil pour cause de maladie),
ne put faire oublier le quartet de rêve avec D. Holland
à la contrebasse et B. Higgins à la batterie qui
grava en 1998 l'indispensable album voice in the night
. Une belle image restera en mémoire du public amoureux
de ce saxophoniste distingué dont les balancements incessants
nécessitent la présence de deux micros placés
à intervalle de 1,5 m de hauteur, pour ne rien perdre
de son cool-sound !
Une dernière petite remarque : à quand la présence
d'un bon interprétre pouvant traduire fidèlement
les paroles de ses Américains dont l'accent est si loin
de celui de l'Anglais dispensé dans nos école
latines ?
François
Gayet
Auditorium
de Lyon
89 rue de Bonnel
69003 Lyon
04 78 95 95 95
réservations Auditorium, Fnac.

Jazz
à Vienne
http://www.jazzavienne.com/
Joshua
Redman Quartet
http://www.addict.com/issues/2.01/Sections/44.
1kHz/Redman,_Joshua/Spirit_of_the_Moment.html (interview)
http://www.cddb.com/xm/cd/jazz/f33fac
1d4806280fa78746d88fea9989.html (en
écoute)
http://www.artsandlectures.ucsb.edu/perform/redman.htm
http://hum.amu.edu.pl/~olas/jazz/j-redman/jr-links.html
(liens)
Charles Lloyd
http://fr.news.yahoo.com/000507/3/dayz.html
http://www.ecmrecords.com/ecm/artists/77.html
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