Radiance
double cd ECM 1960/61
9869818 © 2005

 

Piano solo
Concerts enregistrés à Osaka (27/10/2002) et Tokyo (30/10/2002)

Publication à l’automne d’un DVD du concert intégral de Tokyo pour sa 150e performance au Japon


Radiance (rayonnement) manifeste une fois de plus ce goût de l’improvisation totale qui anime le pianiste depuis une trentaine d’années. Hormis Facing You enregistré (en studio) en novembre 1971 (ECM 1021), Keith Jarrett se manifeste d’abord en juillet 1973 avec les Solo Concerts Bremen / Lausanne (ECM 1035 – 37), suivi de The Kôln Concert en janvier 1975 (ECM 1064 – 65), en 1976 des 6 cd des Sun Bear Concerts (ECM 1100), Dark Intervals (1987, ECM 1379), Paris Concert (1988, ECM 1401), Vienna Concert (1991, ECM 1481) et enfin de La Scala (à Milan en février 1975, publié en 1977 ; ECM 1640)…

Après une interruption due à une maladie musculaire, et un enregistrement réalisé chez lui, The Melody at Night with You (1999, ECM 1675), sur un répertoire presque exclusivement composé de standards du jazz, voici que le pianiste renoue avec la prise de risque que constitue le solo «absolu», un genre musical en soi. K.J. déclare à ce sujet :

«l’improvisation est la seule façon d’être fidèle à soi-même» (lire l’entretien avec Paola Genone dans l’Express du 9 mai, à l’occasion de son soixantième anniversaire).

On remarque d’emblée la variation de longueur des pièces (de 1 : 27 à 14 : 04), ce qui montre que le pianiste semble avoir renoncé aux vastes développements que proposaient les longues improvisations (parfois divagations) si caractéristiques des premiers concerts solo. Il s’agit là de « petites pièces fragiles, générées les unes par les autres, la seconde ne pouvant donner le jour sans l’existence de la première et ainsi de suite… » (dixit le pianiste), de plus de concision, resserrements, contrastes, changements de tempo, du flamenco au modal en passant par la fugue, le romantisme et la chanson populaire, densités sonores différenciées… Le pianiste aime à répéter inlassablement : « moins on a d’idées, mieux on improvise… je n’ai même pas un début d’idée quand je commence de jouer… un concert solo, c’est comme un autre monde avec des règles qui lui sont propres et que je n’ai pas inventées ».

Nous savons que le pianiste aime également retrouver les bons vieux standards en trio avec Gary Peacock et Jack DeJohnette (en juillet, le 19 à Lyon, le 21 à Antibes).
Ici, il se paie le luxe de la déambulation solitaire face aux 88 touches du clavier au cours de ces deux heures vingt, exercice périlleux et délicat de liberté sans frontière, pour le meilleur… et le meilleur.

Jacques Chesnel
(mai 2005)

Jacques Chesnel est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas) ; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

 

http://www.allaboutjazz.com/php/article.php?id=17360

http://www.ecmrecords.com/