Une femme fidèle / L'histoire de Biwa
1998, Philippe Picquier
nouvelles traduites du Japonais
par Elizabeth Suetsugu
(Titres originaux : Bake ichô, Biwa den, 1896)

 

 

Dans ces deux nouvelles, Izumi Kyôka développe un thème cher à quelques écrivains japonais (voir Arishima) : le rôle subalterne des femmes dans la société, des femmes dont on ne tient pas compte des sentiments lors de mariages arrangés. Tei (Une femme fidèle) et Tsu (Lhistoire de Biwa) sont toutes deux dépeintes comme des victimes qui subissent les caprices ou les violences des hommes, et ne peuvent accepter leur sort.
Tei confie à un adolescent, Yochi, l'histoire de sa vie : mariée à 14 ans à un homme maladif et jaloux, son existence lui est devenue insupportable, et elle est obsédée par l'idée que sa libération ne peut passer que par la mort de son mari.

Tsu, quant à elle, épouse un officier pour obéir à son père, mais elle aime son cousin Kenzaburô, et son époux la cloître afin qu'elle ne puisse rejoindre son amant.
Apparaît en filigrane la critique amère d'une société cruelle, qui poussera deux jeunes femmes à commettre l'irréparable ; en effet : "Je ne pourrai jamais être plus forte que la société" déclare Tei, 21 ans, qui paraît parler déjà comme une vieille femme. L'écriture, harmonieuse et raffinée, est teintée d'une poésie liée à la nature, une nature immuable et parfois porteuse de présages. Ces deux contes tragiques élèvent Izumi Kyôka au rang des grands auteurs du sentiment.

B. Longre

du même auteur : La femme ailée / Le camphrier (P. Picquier, 2003)

traduction en anglais de Koya Hijiri (The Saint of Mt. Koya)
http://www.intangible.org/Features/koya/koyahome.html

http://www.city.kamakura.kanagawa.jp/english/bunjin/izumi_e.htm

http://www.f.waseda.jp/mjewel/jlit/awards/awards.html