Dans ces deux
nouvelles, Izumi Kyôka développe un thème cher
à quelques écrivains japonais (voir Arishima)
: le rôle subalterne des femmes dans la société,
des femmes dont on ne tient pas compte des sentiments lors de mariages
arrangés. Tei (Une femme fidèle) et Tsu (Lhistoire
de Biwa) sont toutes deux dépeintes comme des victimes
qui subissent les caprices ou les violences des hommes, et ne peuvent
accepter leur sort.
Tei confie à un adolescent, Yochi, l'histoire de sa vie :
mariée à 14 ans à un homme maladif et jaloux,
son existence lui est devenue insupportable, et elle est obsédée
par l'idée que sa libération ne peut passer que par
la mort de son mari.
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Tsu,
quant à elle, épouse un officier pour obéir
à son père, mais elle aime son cousin Kenzaburô,
et son époux la cloître afin qu'elle ne puisse
rejoindre son amant.
Apparaît en filigrane la critique amère d'une
société cruelle, qui poussera deux jeunes femmes
à commettre l'irréparable ; en effet : "Je
ne pourrai jamais être plus forte que la société"
déclare Tei, 21 ans, qui paraît parler déjà
comme une vieille femme. L'écriture, harmonieuse et
raffinée, est teintée d'une poésie liée
à la nature, une nature immuable et parfois porteuse
de présages. Ces deux contes tragiques élèvent
Izumi Kyôka au rang des grands auteurs du sentiment.
B.
Longre |

du
même auteur : La femme ailée
/ Le camphrier (P. Picquier, 2003)
traduction
en anglais de Koya Hijiri (The Saint of Mt. Koya)
http://www.intangible.org/Features/koya/koyahome.html
http://www.city.kamakura.kanagawa.jp/english/bunjin/izumi_e.htm
http://www.f.waseda.jp/mjewel/jlit/awards/awards.html
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