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Morceaux choisis
La destinée
de Panaït Istrati (1884-1935) est atypique dans le paysage
culturel franco-roumain. Né à Braïla, au bord
du Danube, dans un milieu populaire (père contrebandier grec,
mère blanchisseuse roumaine), obligé dès l’enfance
de trimer pour vivre, il trouve cependant le moyen, dans ses rares
temps libres, de s’adonner à l’apprentissage
des langues et à la lecture. Ses nombreuses pérégrinations
(Italie, Egypte, Liban, Grèce…) et la maladie le mènent,
dans un sanatorium suisse, au contact de la langue française
et des œuvres de Romain Rolland puis, au bout du compte, grâce
à un contact inattendu avec son « maître »
et aux encouragements de celui-ci, à l’écriture
et à la publication. Son style vigoureux, sensible, libre,
rugueux, mêlé, vivace fait de ses récits des
œuvres uniques, contribuant à un renouvellement original
du patrimoine littéraire français.
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Ce
volume propose des extraits de La jeunesse d’Adrien
Zograffi, série de récits autobiographiques
datant des années 1920 : dans « Fin d’enfance,
premiers pas dans la vie », le travail harassant
du jeune adolescent dans une taverne grecque de Braïla,
où se fait l’apprentissage de la vie sociale, de
la méchanceté et de la bonté des hommes,
mais aussi, à l’insu des autres, des mots grecs
et roumains, de la liberté d’esprit, des utopies,
des colères et de la volonté individuelle ; dans
« Pour atteindre la France », le goût
de l’aventure et du voyage, mais aussi les déboires
maritimes d’un jeune clandestin qui s’aperçoit
qu’avant d’exaucer son rêve (celui de la France),
il faut passer par des épreuves physiques et morales
telles que la misère (expérimentée à
Naples) ou des détours surprenants mais qui peuvent exalter
l’âme d’un aventurier (un bateau en partance
pour Alexandrie).
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Mes
départs fait revivre quelques épisodes
tourmentés et joyeux d’une jeunesse qui ne demande
qu’à vivre, qui attend tout de la vie. Le livre présente,
certes, les inconvénients frustrants du recueil de «
morceaux choisis », mais peut être une bonne introduction
à l’œuvre hardie et haute en couleur d’un
écrivain qui mérite, ô combien, d’être
connu du grand public et reconnu de la critique.
Jean-Pierre
Longre
(août 2005)
Jean-Pierre
Longre, enseignant en littérature du XXème siècle
à l'Université Jean Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une
thèse sur Raymond
Queneau, de divers ouvrages ou articles sur des écrivains
contemporains et sur la comparaison des langages littéraire
et musical. Il a participé à l'édition
des romans de Queneau dans la " Pléiade ", et effectue
des recherches sur les littératures francophones (Roumanie,
Belgique, Québec).

Page
thématique : Ecrits franco-roumains
http://www.amis-auteurs-nicaise.gallimard.fr/html/autgall/01293.htm
http://www.gallimard.fr
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