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du
même auteur : Marabout d'ficelle
(Le Rouergue, 2002)
Avec Sabine
Messina, Loïc Varraut, Jean-Marc Fort.
Ce
qui frappe dès l'arrivée dans la salle et avant même
que le spectacle ne débute, c'est l'originalité de
la scénographie : le jeu théâtral va se dérouler
entre deux groupes de spectateurs qui se font face, et derrière
lesquels se dressent deux écrans de cinéma, murs qui,
paradoxalement, enferment la salle comme une scène en l'ouvrant
sur des espaces extérieurs. Comme par un jeu de miroirs multiples,
les spectateurs qui voient sur la scène évoluer le
couple de personnages ne peuvent s'empêcher de regarder leurs
semblables situés au-delà, face à eux, tout
en assistant à ce qui se passe au-dessus, sur l'écran
; en même temps, ils se sentent observés par les autres,
de la même manière que les deux personnages fictifs
s'observent d'une fenêtre à l'autre avant de tenter
un rapprochement mutuel, et que Simon filme Lucie avec son camescope.
Une grande part de Pour l'instant repose donc sur " l'instantané
" du regard, ou des multiples regards, mais pas seulement. Des sons
omniprésents accompagnent le spectacle, de toutes sortes
: musique et chansons, bruits de la ville, mots. Des mots qui sortent
de la bouche des personnages (les " vrais " personnages théâtraux
ou les personnages " plats " de l'écran vidéo). Ces
mots se mêlent, se précipitent parfois sans raison
apparente, sinon qu'ils reprennent dans " l'instant " les perpétuels
lieux communs populaires et qu'ils sont là pour le plaisir
de leurs sonorités, non celui du sens. Ce sont les mots de
la vie quotidienne, cette vie sans éclat que nous montre
la scène.
Un homme et une femme, voisins d'immeuble, font connaissance et
semblent tomber amoureux l'un de l'autre. L'histoire est ainsi celle
des étapes, sans originalité, de la rencontre amoureuse.
Mais ces étapes, qui se répercutent sur d'autres personnages
plus lointains plongés dans le décor urbain, représentent
la quête dans le brouhaha du monde d'un bonheur aléatoire,
dont la pièce ne nous dit pas s'il sera trouvé ou
non.
L'auteur lui-même avoue qu'il ne comprend pas tout ce qu'il
écrit. Nous non plus, mais nous sommes rassurés par
son aveu. C'est sans doute aussi que nous ne comprenons pas tout
ce que nous avons sous les yeux et dans les oreilles, les objets,
le monde, les gens, les mots.
JP
Longre
(mai 2000)
"Pour
l'instant
c'est des êtres à respirer, à voir, à
écouter
c'est des personnages comme on dit,
et puis des images d'hommes et de femmes et du monde,
des projections comme on dit,
et puis des musiques, et puis des histoires ..."
Théâtre
de la Platte
32, rue René Leynaud
69001 Lyon
réservations : 04 78 39 25 89
Théâtre
de La platte, Lyon
http://www.laplatte.com
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