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Avec
des musiques de Jean-Sébastien Bach, John Cage,
Franz Schubert, Léo Ferré, Morton Feldman, Olivier
Messiaen, Alfred Schnittke
Avec Gaël Baron, Sylvie Jobert, Jean-Michel
Rivinoff, Marie-Lou Vrancken.
Théâtre
de la Croix Rousse
Lyon 4ème
renseignements et location
04 72 07 49 50
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Le
travail de Bruno Meyssat est depuis vingt ans l'un
des plus singuliers du paysage théâtral français.
Metteur en scène reconnu et admiré, il reste
un homme rare sur les plateaux. Sa démarche artistique
particulière semble parfois délicate à
proposer aux spectateurs. Pourtant, des enfants lui avaient
décerné un prix en 1995 lors de la Biennale
du Théâtre Jeunes Publics. Dans ses créations,
il essaie de rendre visible le plus universel de l'homme :
son rêve. Non pas ses utopies mais ses "visions",
souvent à peine conscientes, qui le fondent au plus
profond. Pour les retraduire, il fait appel à la matière
: au grain d'objets usés par le temps, aux corps, aux
sons, à des lumières crépusculaires.
Bruno Meyssat est un homme de la lenteur, il chemine avec
le spectateur, lui proposant l'expérience de plonger
dans des contrées intimes que ne délimite aucune
histoire. En ces temps d'abondance, nous voici face à
un certain dénuement, obligés de nous abandonner
sans retenue si nous voulons entreprendre avec lui le voyage.
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chronique
du spectacle
"C'est
autant mon spectacle que celui des comédiens"

©
Nicolas TREATT |
Bruno
Meyssat a composé et mis en scène cette histoire
d'une plongée aux origines pour quatre frères
et surs, rassemblés autour d'un livre. Ce spectacle,
créé au Théâtre Gérard Philipe
de Saint-Denis, s'appelait initialement Gruppetto, et
ne durait que 45 min ; il a été enrichi d'une
seconde partie : Gruppetto 1 et 2, créé
à Annecy en 1999. Bruno Meyssat a retravaillé
ce spectacle et c'est sa dernière version qu'il a intitulé
Impressions d'dipe, créée
au TGP en novembre 2001. |
Dans Impressions
d'dipe, Bruno Meyssat fait remonter à la surface
des souvenirs d'enfance, évoque des musiques, des odeurs,
des lieux, et offre un spectacle très visuel. Il résume
ainsi sa pièce : " Le mouvement 1 évoque la figure
et le destin d'dipe, avec la volonté indéfectible
d'un homme de connaître ses origines. La 2ème partie
est plus silencieuse. Il s'agit d'une variation sur les thèmes
exposés lors de la 1ère partie. Ainsi qu'un matériel
musical, les images construisent des refrains, des fugues, offrent
des transpositions, des reprises de quelques situations. "
Bruno Meyssat,
comment est né Impressions d'dipe ?
" Je devais faire quelque chose avec quatre acteurs : 2 nouveaux
et 2 anciens, sans trame particulière au départ. Pas
d'histoire prédéfinie ".
De quelle
manière avez-vous écrit cette pièce ?
" Ma façon de travailler laisse une grande place à
l'improvisation : je choisis les gens et attends qu'ils m'emmènent
quelque part. Pour les répétitions d'Impressions d'dipe,
il n'y avait pas un texte de départ, mais je donnais chaque
jour des objets différents aux comédiens, et ils devaient
dire à quoi cela les faisaient penser. J'ai responsabilisé
les acteurs, afin qu'ils soient partie prenante du spectacle. Puis
je leur ai demandé d'improviser sur : qui êtes-vous
les uns pour les autres, tous les quatre ? Les quatre acteurs ont
décidé qu'ils seraient frères et surs.
Cela m'a fait pensé instinctivement à la trame d'dipe.
C'est autant mon spectacle que celui des comédiens. On rêve
ensemble. Moi je tirais les ficelles en m'occupant de l'univers
sonore et de la lumière, comme pour modifier les atmosphères
de façon ténue et inconsciente chez les comédiens.
"
propos
recueillis par Emilie Jullin
(13 novembre 2002)

Quatre personnages
se retrouvent dans la maison de leur enfance. Le plateau présente
un désordre de vieilleries, de penderies, de vêtements,
de pans de vieux décors de théâtre, une table,
des chaises, et quelques vestiges de leur enfance.
La pièce se scinde en deux parties. La lecture à haute
voix de la légende d'dipe, comme un conte pour enfant,
les amène à se questionner sur les relations familiales
confuses qu'ils entretiennent, et sur les nuds oedipiens qui
se sont noués entre eux. Des séquences de leur vie
sont révélées, qu'elles soient réelles
ou rêvées. C'est parfois douloureux, mais cela peut
être drôle et attendrissant, les amenant à rejouer
leurs jeux d'enfants.
Presque plus de dialogues dans la deuxième partie, dans laquelle
ils évoquent leurs parents en les incarnant dans des saynètes,
probablement pour exorciser des situations.
" Bruno Meyssat est un homme de la lenteur (
) il prend
le temps de nourrir et de laisser mûrir chaque sensation,
chaque émotion qui surgit sur le plateau ". Hélas,
il prend tellement son temps que bon nombre de spectateurs n'attendent
pas la fin de la pièce pour partir
Quel dommage que
les quelques belles scènes visuelles (l'accouchement du petit
cheval de bois, avec la ficelle " cordon ombilical " que
le frère arrache à sa sur, les habillages et
déshabillages compulsifs comme autant de mises à nu
difficiles entre la fratrie
) soient noyées dans un
flot de lenteur et d'ennui ! Meyssat sait pourtant faire naître
des images troublantes, un univers poétique, aux commandes
du son et de la lumière. Le défaut majeur de cette
pièce est l'absence de rythme, qui s'ajoute à l'absence
d' " histoire ", et à l'aspect interchangeable
des rôles : rien n'invite donc le spectateur à rentrer
dans cette pièce pendant 1h30. Quant aux comédiens,
le fait que l'un d'eux soit parfois inaudible semble être
le comble de l'hermétisme ! Une " impression "
bien fade, en somme
Emilie
Jullin
(novembre 2002)


Le
théâtre de la Croix-Rousse
http://www.croix-rousse.com/
http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/meyssat/meyssat.htm

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