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Les Ateliers
5, rue du petit david
69002 Lyon
réservations 04 78 37 46 30
Le
texte est paru chez L'Arche Editeur, 2004
Production
Festival d'Automne à Paris |
Avec
Francesco Sframeli, Spiro Scimone, Nicola Rignanese
Spectacle
accueilli avec le soutien de l’ONDA et en collaboration
avec l’Institut Culturel Italien de Lyon
Texte à paraître chez l’Arche Editeur
Spectacle en langue italienne surtitrée
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Forza Beckett
On
ne tarde guère à remarquer la grande proximité
de la dernière pièce du sicilien Spiro Scimone, Il
Cortile, avec l’univers de Samuel Beckett. Mais,
si le rapprochement est inévitable, le texte d’Il
Cortile est trop inférieur pour ne pas souffrir
de la comparaison.
Peppe (Spiro Scimone), le petit maître, bon vivant, ridicule
et fier, et Tano (Francesco Sframeli), le domestique éreinté,
à la voix éraillée et aux lunettes mal rafistolées,
sont deux amis clochards bien installés dans leur cortile,
dans leur cour et dans leur routine sale ; ils n’en finissent
pourtant pas de s’étonner de leur déchéance
croissante. Leur discussion tourne en rond, à l’affût
du moindre souvenir pour mettre en relief le temps présent.
L’arrivée d’un troisième larron, l’Autre
(Nicola Rignanese), va relayer ce parcours vers le néant
: clochard plus misérable encore, l’Autre travaille
à être pitoyable, et pour ce faire va loin dans la
nuisance à soi-même.
Les
spectateurs d’Oh les beaux jours !, ou les lecteurs
de L’Innommable, retrouveront avec intérêt
les principaux thèmes de l’œuvre de Beckett dans
Il Cortile : la déchéance
sous toutes ses formes, donc, quelle soit physique (Peppe est immobilisé
sur son siège), intellectuelle (Tano est figé dans
un étonnement et dans un bon sens creux), ou morale (l’Autre
est une créature du rien qui s’enfonce dans la turpitude,
dans la merde) ; la vieillesse, le temps cruel qui n’avance
que vers le grand vide ; la dialectique maître/esclave ; le
monstrueux comme aboutissement de l’humain ; la vie réduite
aux éternelles petites manies, aux discours superficiels
et las, aux sensations et aux émotions précaires…
La
structure binaire, la grande parenté des personnages, l’absence
de trame, rappellent surtout Fin de partie et En attendant
Godot (que Scimone et Sframeli ont d’ailleurs monté
dans les années 1990), sans que, hélas, le texte de
Scimone (disponible aux éditions de l’Arche, dans la
traduction « savamment imprécise » de
Jean-Paul Manganaro, qui paraît en effet plus imprécise
que savante) ait la même richesse, la même finesse,
ni la même ampleur.
Toutefois, l’excellent jeu des acteurs, efficacement mis en
scène par Valerio Binasco, fait du spectacle Il
Cortile un divertissement de qualité qui, loin
d’ennuyer, prête à sourire et à réfléchir,
et qui attise notre envie de… relire Beckett.
Nicolas
Cavaillès
(novembre 2004)
Nicolas
Cavaillès, spécialiste de l'œuvre
de Cioran, lié à la Roumanie et à sa littérature,
poursuit, après des études de lettres et de philosophie,
des recherches autour de l'écriture, des manuscrits et de
la création artistique (critique génétique).

En
tournée
Théâtre
Les Ateliers
http://www.theatrelesateliers-lyon.com
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