|
Julie Benoïc
dédie son ouvrage aux femmes afghanes "qui démontrent
chaque jour que ténacité, paix et humanité
sont de genre féminin". Elle-même est l'une
des seules femmes occidentales à vivre en Afghanistan, pays
en proie à d'incessantes guerres (engendrées par des
hommes ...) et à une guerre religieuse et morale menée
par les Talibans contre la femme en tant qu'être à
part entière.
Le récit de Julie Benoïc démarre en août
1996 alors qu'elle est en mission à Kaboul depuis trois mois,
en tant qu'administratrice d'une ONG française, et elle le
termine en novembre 1999 ; est-il utile d'ajouter que l'on attend
une suite ? Cet ouvrage était à l'origine un journal
qu'elle écrivait pour ses proches restés en France
et chaque édition porte le titre de "Ici Kaboul".
Elle y raconte son travail quotidien, les difficultés qu'elle
rencontre et surtout sa passion pour ce pays qui l'a séduite.
Anecdotes et incidents s'entrecroisent et peu à peu, se forme
dans notre esprit une réalité afghane bien différente
de celle que laissent entrevoir les media. Malgré la guerre,
les bombardements, l'aridité du climat, les changements de
régimes et d'interlocuteurs (Les Talibans fanatiques ou les
résistants libéraux, totalement corrompus), son attachement
pour le pays et ses habitants va grandissant, et l'on se surprend
à s'imaginer à sa place...
En tant qu'occidental que tant de barbarie et d'obscurantisme révolte,
on regrette parfois sa trop grande neutralité, qui pourrait
facilement passer pour de l'indifférence ; mais en réalité,
cette neutralité de ton est indispensable au bon déroulement
des projets des diverses ONGs pour lesquelles elle a travaillé
: un travail au quotidien, au service des populations. Les organismes
optent plutôt pour une forme de résistance passive,
refusant par exemple de continuer des travaux en cours si certaines
conditions humanitaires ne sont pas respectées.
A travers ce témoignage, mi-insouciant mi-grave, les contradictions
de l'aide humanitaire sont abordées (l'aide peut-elle devenir
néfaste ? Qu'en serait-il pourtant, si toutes les ONGs étaient
bannies ? Ne vaut-il mieux pas développer des associations
citoyennes capables de s'autogérer, plutôt que de faire
profiter les populations d'une aide d'urgence, immédiate
mais aux effets nuls sur le long terme ?).
Le récit de Julie Benoïc a le mérite d'être
sans a-priori, parfois détaché des préoccupations
politiques sur une grande échelle : elle nous livre une vision
humaine de l'humanitaire, au plus proche des populations, qu'elle
cherche rarement à juger, possédant une ouverture
d'esprit essentielle lorsque l'on s'aventure hors de chez soi...
Blandine
Longre

00h00.com
http://www.00h00.com/
dossier
Courrier International
http://www.courrierinternational.com/dossiers/geo
dossier
du Monde Diplomatique
http://www.monde-diplomatique.fr/index/pays/afghanistan
et une carte très utile
http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/afghanistanmdv1997
Interview de Julie Benoïc
http://users.skynet.be/pierre.bachy/benoic.html
Women
On the Road For Afghanistan
http://www.worfa.org/
ONGs
en Afganisthan
http://perso.club-internet.fr/ceredafr/
|