un film de Justin Kerrigan
Grande-Bretagne, 1999, 100'

Sortie le 14 juin 2000

John Simm .... Jip
Lorraine Pilkington .... Lulu
Shaun Parkes .... Koop
Danny Dyer .... Moff
Nicola Reynolds .... Nina
Dean Davies .... Lee


Avec ce premier film, qui décrit quelques jours de la vie d'une bande d'amis, le réalisateur a concocté un mélange qui se voudrait explosif ou "acide" (voir les affiches) mais qui progresse laborieusement, atteignant un dénouement à l'eau de rose plutôt navrant. Le processus de fabrication en est explicite : un zeste de cinéma indépendant à la Sundance, une pincée de Sitcom bon enfant et bien propret et quelques doses de Trainspotting pour les gros mots et les grimaces (sans la noirceur), et on obtient une substance galloise peu crédible, molassonne et plutôt superficielle ; une série d'épisodes (quasiment des sketches) aux issues souvent prévisibles, qui se veulent parodiques ou "déjantés" comme s'évertue à le répéter Jip, le narrateur. Ici, seul la bande originale présente un quelconque intérêt.
Soit, et tout particulièrement dans la première demi-heure, la comédie l'emporte sur l'aspect sérieux des thèmes abordés par le film (la drogue et l'ennui) et on assiste à quelques dialogues croustillants et autres scènes décalées et fantaisistes plutôt réussies ; mais à force de s'entendre dire que le week-end et l'ecstasy, c'est "cool" et que les jeunes détestent leur vie, on y croit plus vraiment. Jip et ses copains ne sont rien de plus que des "adultescents", qui ne se rebellent jamais vraiment (il faut bien vivre) et trompe l'ennui de la routine en se retrouvant chaque fin de semaine, deux jours qui obéissent eux aussi à de bien moroses habitudes. Hormis quelques dilemmes métaphysiques (dois-je coucher avec ma meilleure amie ? pourquoi ma copine regarde les autres garçons ? et pourquoi je n'arrive plus à avoir une érection ? comment rentrer dans ce club sans payer ?), leur histoire présente peu d'intérêt, et l'abondance de clichés sur les jeunes adultes empêche véritablement le spectateur de s'attacher un tant soit peu à ces stéréotypes. En outre, au vu des empreints explicites (la circulation en accélérée, sensée symboliser la fourmilière humaine ...), il serait difficile de taxer la démarche d'innovatrice.
On tente de nous montrer une jeunesse brisée (mais pragmatique) qui se réfugie dans le monde imaginaire de la drogue (une fois par semaine) ; mais la misère qu'on nous montre n'est ni sociale ni morale ; intellectuelle sûrement ...

B.L.

site officiel
http://www.human-traffic.com/

critiques
http://www.film.com/film-review/2000/10013123/4946/default-review.html
http://www.britmovie.co.uk/genres/drama/filmography/021.html

Bande originale
http://www.amazon.com/exec/obidos/ASIN/B00000JM5F/o/qid=960939056/