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avec
Thierry
Bosc, Myriam Boyer, Daniel Briquet, Philippe Crubezy, Michel Durantin,
Emmanuelle Grangé, Anthony Le Foll, Sylvie Raboutet, Vincent
Winterhalter
Une
co-production Maison de la Culture de Loire-Atlantique, Théâtre
du Gymnase - Marseille, Théâtre
des Célestins - Lyon
Théâtre
des Célestins Lyon
renseignements
04 72 77 4000
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Tournée
Montluçon, Les Fédérés,
CDN de la région Auvergne : 13-14 décembre 2001
La Rochelle, La Coursive, Scène nationale de
la Rochelle : 15-16 janvier 2002
Nantes, Maison de la Culture de Loire-Atlantique :
19 janvier-1er février 2002
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Tableau
d'une exécution, représentée avec succès
pour la première fois en 1986, est une oeuvre hors-normes,
qui use des ressorts du théâtre classique pour mieux
se jouer du public et éveiller sa conscience... Ceci n'a
rien de bien surprenant lorsque l'on sait que Howard Barker a longtemps
été surnommé "le Brecht anglais".
Mais au Théâtre de l'Epique, le dramaturge anglais
a substitué le Théâtre de la Catastrophe, moins
réaliste, moins didactique, aux réponses moins tranchées,
mais néanmoins érigé sur la base de "règles"
(certes souples), tout comme la dramaturgie brechtienne : le
théâtre de la Catastrophe " n'est manifestement
pas une expérience associée au divertissement"
déclare l'auteur, qui, dans cette pièce, nous plonge
dans une Venise de la Renaissance ré-inventée pour
les besoins des thèmes qu'il a souhaité soumettre
à nos esprits.
Le personnage central est une femme peintre, Galactia ; une personnalité
complexe et contradictoire, vouée à son art, dont
la truculence est parfaitement rendue dans le jeu sans failles de
Myriam Boyer (et même si la voix rocailleuse de cette dernière
en irrite certains, elle laisse toutefois entrevoir l'imprévisible
fragilité du personnage).
lorsque Urgentino, Doge de Venise, lui commande une toile immense
censée représenter la bataille navale de Lepante contre
les Turcs, Galactia déborde de vitalité ; son enthousiasme
est tel qu'elle en délaisse un peu son amant, le peintre
Carpeta ; un homme qu'elle aime pourtant sauvagement, tout en méprisant
un peu ses tableaux
religieux. Car Galactia sait se faire tour à tour arrogante,
cruelle, sensuelle
ou maternelle ; mais ce qui compte après tout, c'est qu'elle
soit l'un des meilleurs artistes de la cité ; elle peindra
ce tableau, soit, mais
uniquement la vérité crue et sanglante du carnage,
afin de "donner naissance à la vérité"
; elle en oublie la vérité politique... D'autres tentent
de la persuader d'abandonner ce projet, conscients que cette toile
ne saura qu'irriter le Doge et Ostensible, le Cardinal, qui en attendent
plutôt une exaltation guerrière de l'héroïsme
vénitien... Car même si le Doge est un mécène
avisé, grand admirateur du mouvement qui agite les oeuvres
de la peintre, il est aussi un politicien sans scrupules.
Tout
du long, nous suivons la conception douloureuse et exaltante d'une
oeuvre unique, "une grande cascade de chair" ;
la composition même de la pièce, quasi picturale, s'adapte
parfaitement au thème central : une succession de tableaux
vivants, d'instantanés qui soulève peu à peu
le voile sur la lutte de l'artiste aux prises avec son travail,
pourchassée par les reproches de son amant et de sa fille,
par les conseils du Doge et par les mises en garde de Rivera, une
intellectuelle "amie" des arts. Subissant ces affrontements
verbaux avec hargne, passion ou désinvolture, Galactia ne
cède pourtant pas et peindra SA vérité, ce
que lui dictent sa raison et son coeur.
Jamais nous ne verrons l'oeuvre et pourtant, l'évocation
qui nous en est offerte à travers la fougue de l'artiste
est suffisamment éloquente pour que l'on se dise qu'on préfère
après tout ne pas avoir à l'admirer : la terreur se
lit sur les visages grimaçants, la nausée submerge
les corps et le Cardinal n'hésite pas à la condamner
comme "maligne". On s'en doute, le corps politique et
religieux est incapable de comprendre une telle vérité,
voire d'admettre que les êtres soient faits d'abord de chair
et de sang, et qu'une femme capable de peindre ainsi ne puisse être
que perverse.
Tableau
d'une exécution explore de nombreux thèmes
qui se heurtent ou se mêlent les uns aux autres : un théâtre
de la dénonciation subtile (contre l'hypocrisie de l'appareil
étatique, qui souhaite tout contrôler, jusqu'aux arts)
et de questionnements moraux : un tableau laisse-t-il transparaître
le sexe de l'artiste? quels sont la responsabilité et le
rôle de l'artiste dans le monde ? Un artiste
doit-il céder au politiquement correct ou assumer son art
? Soit, la pièce de Howard Barker est d'abord politique,
mais s'attache aussi à faire le portrait poignant d'une femme
d'exception, que tous ceux qui l'entourent souhaiteraient pouvoir
traiter en femme plutôt qu'en peintre. Galactia illustre ainsi
à merveille le principe premier du théâtre de
la catastrophe : l'art authentique est indigeste, il irrite, interroge
; un principe qui s'applique autant à la pièce qu'au
tableau de Galactia.
Le fourmillement des thèmes abordés, la fantaisie
rigoureuse de la mise en scène, les joutes verbales qui provoquent
souvent le rire (même si ce rire "dissimule la peur")
et parfois la crainte, l'atmosphère sombre et l'obscurantisme
ambiant, le tempérament et la performance de la comédienne
Myriam Boyer, dont le jeu déborde de vitalité et de
finesse : une accumulation d'ingrédients qui laissent le
public sous le charme. Autant dire que le théâtre des
Célestins, qui joue depuis deux saisons la carte de la modernité
et de la créativité, a fait dans ce cas un excellent
choix de programmation dont on ne peut que se réjouir.
Blandine
Longre
"Theatre
of Catastrophe takes as its first principle the idea that art is
not digestible. Rather, it is an irritant in consciousness, like
the grain of sand in the oyster's gut... "
Howard Barker
Hélène
Vincent
Après avoir mis en scène “Le Système Ribadier” de
Feydeau, “Une Maison de Poupée” d’Ibsen et “Voix Secrètes”
de Joe Penhall, Hélène Vincent revient dans le département
avec cette pièce contemporaine d’une tension extrême
: «J'ai découvert ce texte lors d'une lecture publique
en mai 1994. Je n'ai eu de cesse, depuis lors, de me battre pour
trouver des complices avec qui partager mon enthousiasme. J'ai eu,
immédiatement, la conviction qu'il y avait là, mot après
mot, une merveille à offrir au public. Une histoire à
lui raconter d'une force exceptionnelle, des enjeux d'une modernité
aiguë incarnés par des personnages de chair et de sang,
d'une complexité humaine, trop humaine.»

L'auteur
http://www.theatre-contemporain.net/actu/barker/Default.asp
http://www.geocities.com/~ruisseau/diffus/possibilites/auteur.html
http://members.aol.com/wrestles/
http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/brutopia/frametop.htm
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