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Un enchantement
L’horloge
Magique est
un film d’animation créé en 1928 par un pionnier
du genre, Ladislas Starewitch. Ce créateur moscovite, mort
en 1965, a su utiliser le cinéma en s’aidant de marionnettes
et de divers trucages pour parfaire ses films. Actes Sud Junior
propose un ouvrage comprenant un DVD du court-métrage, sur
lequel la voix du comédien Rufus remplace le texte original,
suivi des dialogues de Xavier Kawa-Topor et Jean Rubak d’après
le scénario de départ. La musique du film a obtenu
le Prix spécial du jury et le Prix du public au Festival
international musique et cinéma d’Auxerre en 2003.
Dans son atelier, maître Bombastus fabrique une horloge extraordinaire,
décorée de petits automates. Sa petite fille Nina,
tout en rêvant au prince charmant, l’aide en cousant
les costumes des personnages. A minuit pile, Bombastus actionne
l’aiguille de l’horloge et le rêve commence. Nous
entrons au pays de l’horloge magique. Des chevaliers défilent
sous la fenêtre de la princesse, mais tous sont évincés
; sauf Bertrand, qui terrasse le dragon, et à qui elle jettera
la rose, symbole de leur union. Mais la fleur est récupérée
par le «mystérieux chevalier noir», et la princesse,
sous le choc, demeure endormie. Après de multiples péripéties,
Bertrand devra regagner le cœur de la princesse en combattant
le chevalier, au visage « de mort ». Mais la petite
Nina ne supporte pas l’affrontement et « stoppe
la course des aiguilles ». Bombastus la maudit : «
Tu as osé arrêter la course du temps ! ».
D ans son sommeil, Nina va rejoindre le pays des rêves et
son propre monde imaginaire se met en route pour retrouver son preux
chevalier. Elle y croisera « Sylphe, le maître des
fleurs et des paillons » et « Ondin, qui gouverne
le petit peuple de l’eau »…
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Le
court-métrage met savamment en scène des personnages
réels et des marionnettes. Le spectateur a cependant
besoin d’un certain laps de temps pour passer du premier
au deuxième conte, qui est celui de l’enfant.
La voix de Rufus donne un caractère réel à
cette fable virtuelle, et les modalités de la voix
rendent toutes les facettes qui jalonnent cette épopée
particulière. Les marionnettes sont très expressives
et les situations sont empreintes de drôlerie. Beaucoup
de parallèles peuvent être établis avec
l’univers du conte et du merveilleux. |
Un dossier, en fin d’ouvrage, lève le voile sur l’univers
d’un artiste peu connu du grand public. Ladislas Starewitch
est un « homme-orchestre » passionné
par la faune et la flore. Ces films sont des aventures incroyables
dans lesquels il met en scène ses petites marionnettes de
bois et de chiffon, qui nous ouvrent les portes du monde féérique
des animaux. Dans les coulisses, chacun participe au conte, sa femme
Anna est costumière, sa fille Irène, polyglotte, est
chargée des relations publiques, et la cadette Nina, présente
dans ce court-métrage, sera la vedette de plusieurs films
L’arrivée du cinéma parlant, vers 1930, va sinistrement
mettre fin à sa production. Ladislas Starewitch, le temps
d’un film, nous entraîne dans ce monde merveilleux qui
était le sien, celui de l’enfance. Nous ne pouvons
que vous inviter à partager cet enchantement.
Cendrine
Genin
(octobre 2004)
Cendrine
Genin,
après des études de philosophie et de lettres, a suivi
une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature
jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à
collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est
son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir
prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

http://www.actes-sud.fr/junior
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