L’Horloge Magique
Livre-DVD
Actes Sud Junior, 2004

 

Un enchantement

L’horloge Magique est un film d’animation créé en 1928 par un pionnier du genre, Ladislas Starewitch. Ce créateur moscovite, mort en 1965, a su utiliser le cinéma en s’aidant de marionnettes et de divers trucages pour parfaire ses films. Actes Sud Junior propose un ouvrage comprenant un DVD du court-métrage, sur lequel la voix du comédien Rufus remplace le texte original, suivi des dialogues de Xavier Kawa-Topor et Jean Rubak d’après le scénario de départ. La musique du film a obtenu le Prix spécial du jury et le Prix du public au Festival international musique et cinéma d’Auxerre en 2003.

Dans son atelier, maître Bombastus fabrique une horloge extraordinaire, décorée de petits automates. Sa petite fille Nina, tout en rêvant au prince charmant, l’aide en cousant les costumes des personnages. A minuit pile, Bombastus actionne l’aiguille de l’horloge et le rêve commence. Nous entrons au pays de l’horloge magique. Des chevaliers défilent sous la fenêtre de la princesse, mais tous sont évincés ; sauf Bertrand, qui terrasse le dragon, et à qui elle jettera la rose, symbole de leur union. Mais la fleur est récupérée par le «mystérieux chevalier noir», et la princesse, sous le choc, demeure endormie. Après de multiples péripéties, Bertrand devra regagner le cœur de la princesse en combattant le chevalier, au visage « de mort ». Mais la petite Nina ne supporte pas l’affrontement et « stoppe la course des aiguilles ». Bombastus la maudit : « Tu as osé arrêter la course du temps ! ».
D ans son sommeil, Nina va rejoindre le pays des rêves et son propre monde imaginaire se met en route pour retrouver son preux chevalier. Elle y croisera « Sylphe, le maître des fleurs et des paillons » et « Ondin, qui gouverne le petit peuple de l’eau »…

Le court-métrage met savamment en scène des personnages réels et des marionnettes. Le spectateur a cependant besoin d’un certain laps de temps pour passer du premier au deuxième conte, qui est celui de l’enfant. La voix de Rufus donne un caractère réel à cette fable virtuelle, et les modalités de la voix rendent toutes les facettes qui jalonnent cette épopée particulière. Les marionnettes sont très expressives et les situations sont empreintes de drôlerie. Beaucoup de parallèles peuvent être établis avec l’univers du conte et du merveilleux.

Un dossier, en fin d’ouvrage, lève le voile sur l’univers d’un artiste peu connu du grand public. Ladislas Starewitch est un « homme-orchestre » passionné par la faune et la flore. Ces films sont des aventures incroyables dans lesquels il met en scène ses petites marionnettes de bois et de chiffon, qui nous ouvrent les portes du monde féérique des animaux. Dans les coulisses, chacun participe au conte, sa femme Anna est costumière, sa fille Irène, polyglotte, est chargée des relations publiques, et la cadette Nina, présente dans ce court-métrage, sera la vedette de plusieurs films
L’arrivée du cinéma parlant, vers 1930, va sinistrement mettre fin à sa production. Ladislas Starewitch, le temps d’un film, nous entraîne dans ce monde merveilleux qui était le sien, celui de l’enfance. Nous ne pouvons que vous inviter à partager cet enchantement.

Cendrine Genin
(octobre 2004)

Cendrine Genin, après des études de philosophie et de lettres, a suivi une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

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