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Adapter
/ rapprocher ?
L’Odyssée,
adaptée par un auteur à succès comme Michel
Honaker, devait être un bon moyen pour faire goûter
une œuvre qui n’est plus beaucoup lue par les jeunes
lecteurs (encore que les programmes de français de 6e la
recommandent comme l’un des textes « fondateurs »
dont l’étude est recommandée). Michel Honaker
écrit bien, il manie même avec naturel les épithètes
homériques, et certaines pages ont du souffle.
Dans ce volume, Ulysse est aux prises avec les cicones, les lotophages,
les cyclopes… tandis que Pénélope défie
les prétendants. Comme dans le texte d’Homère,
les aventures de Télémaque alternent avec celles de
son père. Mais Télémaque a un rôle plus
actif et est plus présent que dans le récit d’Homère,
on lui attribue des aventures (vécues par d’autres
chez Homère) et des amours (les princesses ne sont pas farouches
dans cette Odyssée). Honaker a sans doute voulu
(comme son prédécesseur Fénelon) accrocher
le jeune lecteur par un personnage plus proche de lui et de ses
préoccupations. Il a aussi sans doute voulu simplifier le
récit en pratiquant une narration toute entière assumée
par un narrateur extérieur, alors que de nombreux passages
de l’Odyssée (et notamment les plus inventifs) sont
faits à la première personne.
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Sans
doute, pour apprécier ce livre faudrait-il ne pas connaître
le texte d’origine (auquel rien ne réfère
; certes, on est dans le tome II, mais c’est tout de
même curieux). Mais même en ce cas, il resterait
une certaine gêne, due à l’impression qu’on
est davantage face à un récit d’aventures
teintées de « fantastique » quand les dieux
s’en mêlent que face à une épopée.
Les sentiments des personnages les rendent proches de nous,
mais un peu trop, de même que les rapports qui les unissent
et les propos qu’ils tiennent.
Adapter signifie-t-il forcément rapprocher ? Faut-il
que l’Odyssée ressemble
à d’autres textes, contemporains cette fois,
pour être lue ? Ce texte donnera une assez bonne idée
des événements de l’Odyssée, dans
une version bien écrite et souvent enlevée,
mais sans en donner véritablement l’esprit. Sans
doute n’était-ce pas le but principal. |
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Anne-Marie
Mercier-Faivre
(novembre 2006)
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

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