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Opéra-comique
fantastique, 1881
Livret de Jules Barbier
Version basée sur la coédition
Michaël Kaye / Jean-Christophe Keck éditée
par Scott et Boosey & Hawkes
Direction musicale Marc Minkowski
Mise
en scène et costumes Laurent Pelly
Costumière
Donate Marchand
Nouvelle
version des dialogues et dramaturgie Agathe Mélinand
Décors
Chantal Thomas
Eclairages
Joël Adam
Chorégraphe
Laura Scozzi
Vidéo
Charles Carcopino
Mireille
Delunsch : Olympia, Antonia, Giulietta, Stella - soprano
Anna
Bonitatibus : La Muse, Nicklausse - mezzo-soprano
Sergei
Khomov : Hoffmann - ténor
Laurent
Naouri : Lindorf, Coppelius, Dr Miracle, Dapertutto - baryton
Jean-Paul
Fouchécourt : Andrès, Cochenille, Frantz,
Pitichinaccio - ténor
Orchestre
et Chœurs de l'Opéra de Lyon
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Opéra
national de Lyon
place de la comédie
69001 Lyon
location 04 72 00 45 45

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Un
opéra fantastique
Superbe soirée
à l’opéra de Lyon, avec Les Contes
d’Hoffmann, ‘opéra comique fantastique’.
C'est le récit des folles amours d'Hoffmann, qui aima 'trois
femmes dans la même femme, trois âmes dans une seule
âme'. Offenbach avait là quitté ses habitudes
d'amuseur pour une oeuvre plus complète et plus sombre, habitée
d'accents faustiens (Serguei Khomov campe ici un vrai ténor
romantique).
La direction
éclairée de Marc Minkowski, au goût très
sûr, fait miroiter toutes les facettes de la musique et ne
rate jamais une pointe d’humour, que ce soit dans les citations
musicales ou les situations comiques. Il exalte la beauté
des mélodies, comme le duo de Venise ‘belle nuit,
ô nuit d’amour’ rendu avec une élégance
rare , sexy et réservée à la fois, soutenu
par une mise en scène et un décor, composition en
bleu et vert, de la même eau. Mais il sait aussi donner la
sécheresse nécessaire à l'air mécanique
de la poupée Olympia, et de la vigueur à l'ensemble.
Pour la mise
en scène, les différents tableaux sont organisés
de façon classique, souvent dépouillée. L'acte
d'Antonia se passe dans un appartement presque nu, les scènes
de beuverie sont plus suggérées que montrées,
avec de beaux réglages des déplacements des choeurs.
Mais Laurent Pelly ne se limite pas à un parti pris et n'hésite
pas à nous amuser en promenant Olympia dans les airs, ni
à nous captiver avec des éclairages dramatiques projetant
l'ombre du diable. Invention et précision sont mises au service
du livret, ôtant de sa confusion à l'histoire. Elle
devient très lisible, et les spectateurs peuvent s'abandonner
sans effort au spectacle.
La distribution,
excellente et homogène, utilise au mieux les atouts de chacun.
Mireille Delunsch, émouvante en Antonia, sait se montrer
légère en automate, puis lyrique et séduisante.
Elle termine la scène de la poupée sur un grave époustouflant
- et un éclat de rire de la salle. Ana Bonitatibus prête
avec aisance son beau timbre de mezzo au rôle de Nicklausse,
et Jean-Paul Fouchécourt déploie son talent comique
notamment dans le domestique Frantz aux aspirations artistiques.
Laurent Naouri , parfait par sa présence et sa voix, se montre
drôle et inquiétant, irrésistiblement méphistophélique.
Superbe spectacle donc, qui met en valeur ces Contes,
et incite aussi à se rendre aux ‘petits’ Offenbach
(Monsieur Choufleuri, L’île de Tulipatan et
Le voyage dans la lune) également mis en scène
par Laurent Pelly, proposés cette saison par l’Opéra
hors-les-murs.
Laurence
Tourniaire
(novembre 2005)

l'Opéra
de Lyon
http://www.opera-lyon.org
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