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L’écriture
poétique de Jo Hoestlandt
L’histoire
de Miriam commence comme celle des contes dans lesquels on parle
de bonheur, de rois et de sorcières. « Notre bonheur,
comment le dire avec des mots ? » nous demande Miriam,
entourée d’une mère à la voix «fraîche,
d’une incroyable beauté» et d’un père
dont le « travail secret est de fabriquer des violons
».
Un trio familial dans une pure délectation du bonheur, tel
qu’on veut qu’il soit pour « toute la vie».
Mais une ombre noire plane et le malheur arrive «comme
la neige, en silence, transparent, par surprise, juste un frisson».
Lors d’une promenade en forêt, Miriam voit sa mère
tomber littéralement à ses côtés «sans
un mot, sans un cri », et c’est la mort. L'insupportable,
le néant. Après ce choc, son père demeure longtemps
sans parler, comme « un rocher » et Miriam
élit domicile dans « son » arbre, duquel elle
domine sa maison et la tombe de sa mère. Revenant à
la vie, son père décide de fabriquer un violon, dont
sortira un son aussi mélodieux que la voix de sa mère.
Miriam apprendra de son père que l’instrument est fait
« d’âme humaine », de souffle,
et le petit Mikhaïl de traduire cela en « la mumène
», une bête méchante qui rôde. Menace
représentée par la guerre qui gronde et qui va s’effondrer
sur la vie de Miriam. De son arbre, elle va assister à l’arrestation
de son père, de Iulian et du petit Mikhaïl.
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L’enfant
meurt à elle-même une seconde fois et s’interroge
: «est-ce que l’amour ne sert à rien,
ne vous protège de rien ? ». Le combat est
engagé entre l’âme humaine et la «mumène».
Recueillie par Olga, une «vieille mal lunée»,
qui habite une grotte au cœur de la forêt, Miriam
pourra survivre et attendre. Attendre que la haine et la colère
en elle laissent la place à l’amour, attendre le
retour tant espéré de son père. Le jour
où il revient «elle ne le reconnut pas»
mais elle court vers lui en se disant : «j’avais
si peur que ce ne soit pas lui…j’avais si peur que
ce soit lui ». Un mélange d’amour et
de souffrance, et alors qu’Olga s’efface pour laisser
place à son père elle se demande «s’il
faut toujours, dans la vie, accepter de perdre ceux qu’on
aime et avancer tout de même sur le chemin qu’on
a si peu choisi ? ».
Puis, vient le temps des larmes qui apaise et purifie, parce
que «tout est fini, mais pas tout». Dans
la musique de son père, Miriam retrouvera ses souvenirs
et la voix de sa mère tant désirée, comme
une promesse, un avenir. |
Ce récit
nous donne le plaisir de parcourir l’écriture poétique
de Jo Hoestlandt. Le texte se développe parfois dans la répétition,
la scansion, tel une complainte, une litanie qui revient à
nos oreilles, une petite musique du cœur. Un univers imaginaire
qui est le pendant d’un monde cruel, trop réel pour
un enfant qui doit trouver les moyens de résister. Miriam
devra puiser en elle et autour d’elle la force et la confiance
pour réapprendre à vivre. Grâce à l’amour
prodigué par ses parents, elle puisera le courage de croire
encore au Bonheur et alors « la vie recommencerait, encore
plus belle qu’avant, parce que je saurais maintenant comme
elle est précieuse, comme on peut tout perdre, en un instant…
».
Un texte qui ne dénonce pas seulement, mais qui questionne
et répond comme un écho, avec véhémence.
Cendrine
Genin
(novembre 2004)
Cendrine Genin,
après des études de philosophie et de lettres, a suivi
une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature
jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à
collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est
son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir
prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

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L'auteur
http://www.esigge.ch/primaire/batlivre/auteurs/0frames/z-hoestlandt.htm
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