À
propos d’Henry… et de Jeffrey.
Comme Le
Motif dans le tapis ou La Bête dans
la jungle, Les Papiers de Jeffrey Aspern fait partie
de ces récits de Henry James – romans courts ? longues
nouvelles ? – qui captivent dès l’incipit et
se lisent d’une seule traite.
Un jeune homme entretenant un véritable culte à la
mémoire du poète Aspern se rend à Venise, dans
l’espoir d’entrer en contact avec la presque centenaire
Madame Bordereau qui, dans sa jeunesse, compta parmi les passions
du grand homme. Cette vénérable ancêtre, qui
vit désormais retirée et sans le sou avec sa nièce,
détiendrait en effet de nombreux documents susceptibles d’éclaircir
maintes lacunes de la biographie d’Aspern. Se faisant passer
pour un jeune Américain en séjour prolongé,
le narrateur parvient à louer une chambre dans l’immense
palazzo décrépit des deux recluses et tente de gagner
les faveurs de sa très rapace propriétaire afin qu’elle
lui fasse des révélations sur son passé. Mais
il s’aperçoit bientôt qu’il s’est
laissé prendre à une machiavélique manipulation…
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Le mystère,
que viennent épaissir la loi du silence et le poids
des secrets, est le maître mot de ce petit joyau.
S’y ajoutent, par touches subtiles, quelques évocations
de Venise qui baignent le récit dans une lumière
poudreuse et une profonde atmosphère de mélancolie.
Le plaisir à l’état pur.
Frédéric
Saenen
(avril 2006)
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Frédéric
Saenen, licencié
en philologie romane, professeur de français-langue étrangère,
auteur et poète, collabore à de nombreuses revues
de poésie ou de critique littéraire, en Belgique et
en France et participe régulièrement à des
lectures publiques. Depuis mai 2003, avec Frédéric
Dufoing, il anime Jibrile, revue de critique
littéraire et politique.

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