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du même
auteur : Supermaché / La
Chute (Editions de l'Arche, 2001)
TNP,
Villeurbanne
04 78 03 30 00
Théâtre
National de la Colline, Paris XXe
01
44 62 52 52
"Notre
société se fonde, encore et toujours, sur la famille,
et se reflète en elle", dit Biljana Srbljanovic,
dont l'une des pièces (montées dans l'Europe entière)
est jouée pour la première fois en France. C'est ainsi
que Histoires de famille fait l'état des lieux
de la Serbie, nous en offrant une noire parodie familiale : le père,
la mère, l'enfant et... le chien. Des histoires de famille
créées de toutes pièces par des enfants, qui
ont investi un terrain vague recouvert de décombres : ils
jouent aux adultes, à "la famille serbe", reproduisant
ce et ceux qu'ils connaissent sans doute le mieux, et les rôles
ont été distribués, certainement depuis longtemps
: Voïn s'est désigné comme "le Serbe,
le chef de la maison", Milena est sa femme (qui n'a que
le droit de se taire ou d'être battue) et leur fils Andria
"joue" à désobéir, s'insurgeant timidement
contre la tyrannie paternelle ; il rêve de se débarrasser
une bonne fois pour toutes de ses terribles géniteurs (en
réalité ses camarades de jeu) : la mère braillarde
mais soumise et le père égoïste, avare et violent.
Ainsi les parents se disputent, hurlent ou tiennent d'affligeants
propos, l'enfant fantasme et joue à les tuer et le chien,
lui (ou elle ?) attend un peu d'attention de la part de maîtres
qui ont érigé le mensonge et la lâcheté
en valeurs suprêmes.
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Les
intrigues sont saugrenues, souvent malsaines, le jeu est cruel
et les histoires se terminent mal (le plus souvent par des morts),
et pourtant l'humour est là, qui ne réconforte
guère, mais qui permet au public de se distancier des
situations macabres ou choquantes. Car ce qui doit choquer,
ce n'est pas tant le dysfonctionnement familial (et donc social)
auquel nous assistons, mais plutôt l'origine de ces graves
perturbations, la cause de ces existences perdues et frustrées
: la fable politique saute aux yeux, tout en restant discrètement
dans l'ombre, dissimulée par la notion de double jeu
simultané (celui des enfants et celui des comédiens...)
et l'allégorie demeure légère, sans didactisme
appuyé. |
Le
totalitarisme risible et orgueilleux du père est particulièrement
bien rendu : tout à sa paranoïa, il se gargarise de
maximes prémachées et pensées pour lui ("l'homme
est l'ennemi de l'homme", "les murs ont des oreilles"...)
et insiste pour que son fils récite la terrible devise qui
résume les motivations de ses actes : "Un homme intelligent
respecte la règle : la tête dans le sable, le cul contre
le mur"... Brillante incarnation nationaliste, il pratique
le fascisme au quotidien, reflet direct des gouvernants serbes,
mais pas seulement... Seule échappatoire, la fuite, l'émigration
forcée (une impulsion toute naturelle que l'auteur elle-même
a refusé de suivre, lors des bombardements de Belgrade).
Ce microcosme familial où tout est perverti, où les
valeurs morales se retrouvent anéanties, est une allégorie
sociale incisive, mais dépourvue d'espérance : une
vision sombre, grotesque et drolatique tout à la fois, un
théâtre qui donne à rire et à penser,
et qui pourrait, selon le voeu naïf de Biljana Srbljanovic,
"transformer le monde".
Blandine
Longre
(février 2002)
"Les
héros de cette pièce ne sont pas des pauvres, ni par
leur caractère, ni par leur vie quotidienne. Ce sont les
citoyens d'un pays ruiné."
Biljana Srbljanovic
Biljana Srbljanovic a trente et un ans - la lettre "r"
se lit "eur", et son nom se prononce approximativement
: Biliana Serblianovitch. Elle vit et écrit à Belgrade
où elle enseigne à l'Académie des Arts dramatiques
et collabore aux activités du théâtre Atelje
212. Depuis 1997, La trilogie de Belgrade, Histoires
de famille, La chute s'imposent sur toutes
les scènes d'Europe et la création mondiale de Supermarché
par Thomas Ostermeier et les comédiens de la Schaubühne
de Berlin a lieu le 15 juin 2001 au Festival de Vienne.
Introduites en France par Ubavka Zaric, une jeune femme de son âge
et de sa langue, mais d'un autre pays de l'ex-Yougoslavie, ces pièces
- à paraître à L'Arche Éditeur - ont
été à l'affiche du Théâtre National
de Strasbourg, du Festival d'Avignon et du Théâtre
du Peuple de Bussang." Michel Bataillon
"Cette pièce est un bloc de littérature, une
énigme, une météorite venu dun pays si
loin si proche. Puisse cette météorite sécraser
sur le Théâtre de la Colline et provoquer une joyeuse
déflagration dans nos cerveaux engourdis." André
Wilms

TNP
http://www.tnp-villeurbanne.com
L'Arche
éditeur
http://www.arche-editeur.com
Biographie
http://www.colline.fr/site/histoire2.htm
Théâtre
de la colline
http://www.colline.fr/site/indexspec.htm
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