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Cherche Viking désespérément !
«
Chercher un américano-norvégien aux Etats-Unis revient
à chercher une espèce en voie de disparition »,
écrit Bjorn Gabrielsen. Car force lui est de constater qu’en
allant sur la terre de ses « ancêtres », nulle
trace ne reste.
Le livre d’un auteur norvégien, vous l’aurez
évidemment compris par son nom, drôle, sarcastique
parfois, simple, sans prétention, comme il se définit
lui-même par ailleurs. Tout au long de ce carnet de voyage
initiatique, richement documenté, autobiographique, une constante
: le sourire aux lèvres. Bjorn Gabrielsen, journaliste et
critique culturel, lâché en pleine Amérique
du Nord, nous livre une analyse pour le moins originale de la société
américaine.
C’est qu’il peut se montrer hilarant dans les descriptions
des gens qu’ils rencontrent et des situations dans lesquelles
il se retrouve. Et l’on s’identifie souvent à
ce qu’il vit, ce qui nous amène aussi à rire
de nous-mêmes. A l’aéroport en partance pour
la grande aventure, le doute le gagne : « Je porte vivement
une main paniquée au côté gauche de ma poitrine.
Mon passeport est là, et je souffle, soulagé. J’arrache
la sacoche d’entre mes bagages et je tâtonne dans la
poche intérieure. Le billet d’avion y est toujours,
je me calme, je serre avec angoisse la main sur une fesse, pour
constater avec satisfaction que mon portefeuille n’a pas bougé.
(…). Un vieux marin en fauteuil roulant devait partir en vacances,
(…), c’était un véritable marin. Il avait
une ancre tatouée sur le bras. « Passeport, murmura-t-il
en tâtant sa poche intérieure, argent, souffla-t-il
en jetant un coup d’œil dans la sacoche suspendue au
bras du fauteuil. Dents, soupira-t-il en portant une main à
sa bouche. Il prit alors une inspiration, leva les yeux vers moi,
OK, je suis prêt.» On est vraiment tous pareils
!
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Même
si ce n’est encore l’heure des grandes vacances,
un bouquin à emporter dans son sac de plage. Non
pas que Hareng des steppes soit sans autre intérêt
que le divertissement, mais il lie l’utile à
l’agréable : détente, rêverie
mais aussi solides connaissances du terrain. Ce n’est
donc pas de la grande littérature mais dès
le sommaire, l’auteur s’amuse et nous amuse,
par la même occasion, en proposant ses commentaires
et un petit résumé de chaque chapitre.
Alors, surtout, ne vous fiez pas aux apparences, la couverture
n’est guère engageante et le titre du bouquin
non plus. En revanche, l’écriture noire sur
pages roses est très plaisante. Son style est dynamique
et enlevé, c’est gai et léger, d’ailleurs,
voici l’auteur nous confie: « C’est
superficiel, simple, en réalité un peu mesquin
que de rire de l’hypocondrie chronique de ces Américains,
qui passent leur vie à mâchonner des pilules,
mais il se trouve que je suis un type superficiel, simple
et un peu mesquin. »
On en redemande !
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Apoline
Saybec
(mars 2008)
Apoline
Saybec est historienne de formation. Elle a été
rédactrice en chef d’un mensuel économique puis
généraliste. Journaliste en presse écrite,
elle est passionnée par l’être humain ; elle
aime autant l’histoire que l’actualité, la littérature
que le cinéma, la sociologie que la psychologie... Tout ce
qui permet de comprendre le monde qui l’entoure, de transmettre
ce qu’elle apprend ou ce qu’elle a vécu est le
terreau de son existence. S’évader, rêver, imaginer
au travers des livres… le voyage, dans tous les sens du terme,
est son moteur.

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