Un film réalisé par
Zhang Yimou

Chine, 2000 - 1h 36mn
sortie le 10 juillet 2002

Avec Zhao Benshan, Dong Jie,
Li Xuejian, Dong Lifan

 

"Happy times n'est pas aussi joyeux que le titre le laisse présager" ; citation d'un réalisateur que l'on connaît essentiellement pour ses oeuvres tragiques (mais brillantes comme Le Sorgho Rouge, Epouses et Concubines, etc). Ici, Zhao, grand bonimenteur, connaît des déconvenues amoureuses et financières, mais il accepte d'enrichir (en lui promettant une dote) sa fiancée, une énorme matrone, véritable Ténardier. Malheureusement, il n'a pas plus de chance que d'argent et décide donc, sur les conseils d'un ami, de rafistoler un bus abandonné dans un terrain vague, afin d'offrir un lieu intimiste aux amoureux de passage. La réussite de cette entreprise lui permet de faire croire à sa promise qu'il est maintenant propriétaire d'un établissement grand standing. Tout se passe très bien pour ce nouveau directeur d'hôtel de pacotille, jusqu'au jour ou la future mariée demande à son soupirant d'engager sa belle-fille aveugle (type Cosette) dans son hôtel. Suivent alors des mensonges tout azimut pour notre anti-héros au grand coeur.

Dans cette oeuvre tragi-comique, tous les éléments vaudevillesques sont réunis et lui confèrent des moments d'une grande drôlerie sans jamais tomber dans le grivois ou le mauvais goût. Les personnages y sont tendres et attachants, à l'image de Zhao, à qui il ne manque que la canne et le chapeau melon trop petit, pour ressembler en tout point à un mythique personnage du septième art. Ajoutons que Zhang Yimou sait divinement mettre en place les accessoires qui font la différence, du bus dont l'intérieur est peint en rouge vif, au poste de radio qui diffuse les bruits de la rue, ou à la reconstitution, via un matériel de récupération, d'un salon de massage.

Un univers de l'objet et de la précision (sur)réaliste qui rappelle celui de l'auteur irlandais Roddy Doyle (et sa trilogie de Barrytown), et là aussi, comme le sous-entend la citation du réalisateur, le rire est proche des larmes et celles-ci ne nous seront pas épargnées...

R. Anglio
(juin 2002)

 

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