The Hand of the Devil
de Dean Vincent Carter

The Bodley Head / Random House, 2006
à partir de 14 ans

à paraître en français

 

 

Le journaliste, le savant, le moustique...

Salué par la critique comme le “prochain Stephen King”, le britannique Dean Vincent Carter signe un premier thriller fantastique efficace ; de facture conventionnelle, The Hand of the Devil procure cependant les sensations attendues, grâce à un suspense bien mené mais avant tout grâce à la présence d’une créature tout droit sortie d’anciennes légendes, apportant au roman un aspect mythologique bien exploité : une femelle moustique à la taille impressionnante, qui se nourrit de sang non pas pour mieux se reproduire, comme c’est habituellement le cas dans la nature, mais tout simplement par compulsion… capable de vider un individu de son sang en quelques instants. Cet insecte possède aussi la faculté de communiquer avec les humains et de les soumettre à sa volonté, avec en tête un seul objectif : retrouver sa forme humaine…

Ashley Reeves, le narrateur, travaille comme journaliste pour le magazine londonien Missing Link, qui recherche en permanence des sujets novateurs et de préférence invraisemblables, tout s’efforçant de conserver une certaine crédibilité scientifique. Ashley reçoit un jour une lettre énigmatique de Reginald Mather, un original qui prétend posséder un spécimen unique : un moustique surnommé la « Ganges Red », et il souhaite la faire connaître ; il lui propose de le rejoindre chez lui, sur une petite île du Lake District...

La lettre est évidemment un piège, Mather tient du dangereux psychopathe qui revêt l’apparence classique du savant fou, et Ashley survivra miraculeusement à de nombreux dangers, tout en étant curieusement aidé par le moustique (aurait-elle un faible pour lui ?). Quand ce cauchemar bien réel s’achève, le lecteur a vécu avec le narrateur des événements mouvementés, a fait de macabres découvertes et a compris qu’il faut apprendre à se fier à ses premières impressions… Tout est fait (et bien fait) pour que l’on s’identifie au jeune journaliste et si aucun des ingrédients requis ne manquent à l’appel, les événements restent suffisamment imprévisibles pour happer notre attention… Une aventure piquante... et palpitante, à conseiller à des lecteurs aguerris.

Blandine Longre
(juin 2006)

Blandine Longre, agrégée d’anglais, est l’une des fondatrices de Sitartmag ; rédactrice en chef depuis mai 1999, elle s’intéresse tout particulièrement aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique, orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse, au théâtre (texte et représentation) et aux relations qu’entretiennent fiction et réel.

 

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