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Un
livre à lire, à écrire, à rêver
«
"L’art d’écrire" ne s’enseigne
guère ; (…) Après trois siècles d’analyse,
nous sommes aussi démunis devant l’Iphigénie
de Racine qu’un singe face à un miroir. Mais le goût
d’écrire, lui, se conforte et se déploie dans
le travail ; (…) », peut on lire en présentation
du dernier ouvrage d’Hubert Haddad paru chez Zulma, Le
nouveau magasin d’écriture.
920 pages de
bonheur, 920 pages foisonnantes dans lesquelles on entre intimidés,
du bout des doigts, avant de se faire happer, emporter dans un tourbillon
frénétique : un mot, une phrase piquent la veine de
la curiosité et voilà le « goût d’écrire
» qui se diffuse en vous, bulles, bouillonnement, oxygène.
Un miracle se produit alors, paradoxe des plus troublants : l’érudition,
loin d’enfermer l’esprit en érigeant des règles,
l’ouvre à la liberté, terreau primordial de
toute créativité.
Tel l’éléphant
de Paul ELuard en couverture brisant un miroir à coups de
chaise dans un café parisien, allégorie de la spontanéité
créatrice, de sa démesure, de sa violence libératrice
dans un monde où l’art prend la poussière sur
des rayonnages, Hubert Haddad — Poète, romancier, historien
d’art, essayiste —, fait voler en éclats l’écriture
dans son appréhension, véritable pavé dans
la vitrine d’un monde éditorial bienséant et
d’une critique qui dicte sa loi.
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Outre
une histoire de la littérature, de ses différents
genres — Poésie, Correspondance, journal, conte,
Fantastique, Nouvelle, récit, art théâtral
etc. — éclairés par des visions d’écrivains
et autres hommes de lettres, de fragments et citations tirés
d’œuvres classiques et contemporaines, Hubert Haddad
donne une dimension vivante à ce savoir encyclopédique,
celle de son expérience d’écrivain bien
sûr, mais surtout celle d’animateur d’ateliers
d’écriture.
Précurseur
en France de ce type d’ateliers, il intervient depuis
les années 80 auprès de toutes sortes de publics
: enfants de classe élémentaire à peine
entrés dans l’apprentissage de la langue, adolescents
au bord du gouffre, adultes illettrés ou en réinsertion.
Une réflexion proprement dite sur ces « laboratoires
de la liberté » clôt d’ailleurs le
livre. |
Le
Nouveau Magasin d’écriture est donc également
un fabuleux manuel d’écriture offert à tous,
amateurs comme professionnels : pistes de lectures, conseils, jeux,
exercices s’intercalent à chaque genre littéraire
abordé, explosant barrières mentales et formatage
scolaire, invitant le lecteur à saisir sa plume, l’aidant
à surmonter démons intérieurs et peur de la
page blanche, l’initiant à la patience et à
la persévérance.
Enfin, peut-être
la plus grande réussite de cet ouvrage réside en une
invitation poétique, un festin de mots sensuels et goûteux,
à mâchouiller en rêvassant, auquel est convié
le lecteur dès le menu-sommaire !
Jugez plutôt : « superstitions, exorcismes et autres
crédulités », « Cent titres pour mille
et une fictions », « Géographie imaginaire »,
« Panique & co », « Maupassant incipit ou
les mots passants en hâte liée », « Mandala
de mots », « Parages de songes », « L’animal
d’écriture»…
«
L’animal d’écriture » justement, précieux
florilège à méditer sur l’art d’écrire,
où se côtoient Cervantès, Kirkegaard, Proust,
Kafka, Valery et autres bêtes de plume, parmi lesquelles Victor
Hugo, qui énonce : « La langue française
n’est point fixée et ne se fixera point. »
brisant ainsi le miroir policé du conformisme avec la délicatesse
d’un éléphant dans un magasin… d’écriture!
Pour découvrir Hubert Haddad l’écrivain, paraissent
simultanément Le Camp du bandit mauresque,
un récit d’enfance chez Fayard et Un rêve
de glace, réédition chez Zulma du premier
roman de l’auteur — paru chez Albin Michel en 1974.
Maïa
Brami
(février 2006)
Née
en 1976, Maïa Brami
est écrivain — pour petits, moyens et grands! —
et journaliste. En parallèle aux ateliers d'écriture
dans les écoles et lycées, elle anime une chronique
hebdomadaire sur la littérature Jeunesse dans l'émission
Au fil des pages, diffusée sur les ondes de RCF.
Après un premier roman, Vis ta vie Nina (Grasset
Jeunesse, Prix Chronos 2002) elle a reçu en juin 2005 le
Prix Matti Chiva de l'Institut Danone pour un album, Goûte
au moins! paru cet automne aux éditions Circonflexe.
Dernier titre paru : Mon arbre ami illustré par
Ingrid Monchy (Les albums Duculot, Casterman, 2005)
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http://www.zulma.fr/
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