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Vengeance à
la mexicaine
Un
doux parfum de mort est le premier roman du mexicain
Guillermo Arriaga à être traduit en français
alors que l’auteur bénéficie déjà
d’un grand succès en Amérique latine. Il est
également connu en tant que scénariste (en 2001, Amours
chiennes a obtenu le Grand prix de la Semaine internationale
de la Critique au festival de Cannes).
Ramon Castanos tient le bar-épicerie de la petite ville de
Loma Grande. Sa vie bascule le jour où il est l’un
des premiers à identifier le cadavre d’une jeune fille
poignardée dans le dos. Le jeune homme ayant éprouvé
une certaine émotion devant le corps dénudé
de la victime, Adela, il n’en faut pas plus pour que la rumeur
publique le désigne comme étant le fiancé de
cette dernière, ce que Ramon n’ose pas démentir.
Au cours de la soirée suivant l’enterrement, les hommes
du village se réunissent à l’épicerie
et, l’alcool aidant, les langues se délient : quelqu’un
se souvient d’avoir surpris Adela et son amant/meurtrier la
nuit du drame. Cet amant, le Gitan, un petit trafiquant d’objets
made in Taiwan, a pour spécialité de séduire
les femmes mariées. La dernière en date, Gabriela,
sait bien que cette fameuse nuit, le Gitan n’a pas tué
Adela puisque c’est avec elle qu’il était mais
elle n’ose rien avouer par peur des représailles de
son mari. Au Mexique, une telle affaire n’intéresse
ni la police (trop corrompue) ni le délégué
communal (qui a pourtant, lui aussi, découvert que le Gitan
n’était pas coupable). Non, au Mexique, une telle affaire
se règle entre hommes et Ramon se retrouve, bien malgré
lui, chargé de venger la mort d’Adela. La suite du
roman n’est plus qu’une lente avancée vers une
fin inéluctable.
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A
la fois polar, vaudeville et mélodrame, Un
doux parfum de mort, dès les premières
pages, plonge le lecteur dans une atmosphère torride.
Heureusement, pour égayer l’ambiance générale
tendue à souhait, Guillermo Arriaga, fin conteur, a
su insérer des passages complètement décalés,
à l’image de cette tentative d’embaumement
du corps d’Adela avec un mélange d’eau
oxygénée, de rhum et de Mercurochrome. Le roman
contient également plusieurs portraits originaux comme
celui de Carmelo Lozano, chef de la gendarmerie locale ne
fonctionnant qu’avec de menus cadeaux et regrettant
de s’être déplacé pour cette «
mort inutile » ou celui de Gabriela qui ne veut pas
voir son amant mourir à la place d’un autre mais
ne peut rien faire pour le sauver. Un doux parfum
de mort est un livre court mais dense, brûlant
comme du piment mexicain.
Anne
Weber
(avril 2003) |
Guillermo
ARRIAGA, né à Mexico en 1958. En 1991 ce
distingué universitaire, spécialiste reconnu de cette
« science » nouvelle qu’on appelle la Communication,
passe au roman avec un texte du genre fracassant, Escuadrón
Guillotina, où s’étale sans fard – c’est
le moins qu’on puisse dire – la violence politique de
l’aimable époque où naissait, dans le sillage
du terrible Pancho Villa, le Mexique dit moderne (on est en train
d’en tirer un film). Suivent quelques nouvelles d’assez
mauvaise éducation, puis le roman dont il est ici question,
Un doux parfum de mort (1994), qui connaît un vif succès
à travers toute l’Amérique latine (on en tire
encore un film)… avant de faire, tout récemment, un
tabac en Allemagne. Guillermo Arriaga n’a jamais été
traduit en français.

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http://www.cinemasmag.com/films00/amours.html
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