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Jean-Claude
Guillaumon expose également, jusqu’au 13 novembre
2004, à la Galerie Yergeau du Quartier Latin (2060 avenue
Joly, Montréal), dans le cadre des échanges culturels
Lyon-Montréal durant la Biennale
d’Art Contemporain de Montréal.
J-C
Guillaumon : Moi Jeu
Jean-Claude
Guillaumon souffle dans un ballon et le mot « ART »
apparaît, gonfle, se distend, explose... Paf ! L’Art
baudruche, série de sept photos, résume à
elle seule le souffle artistique de l’hurluberlu lyonnais
né en 1943 : après avoir pris acte de l’éclatement
du « grand art » et en avoir été vaguement
marri, Guillaumon choisit d’en rire et de se prendre lui-même
comme seul et unique objet de création, d’ironie, de
fantasme, en se mettant en scène, en « je » et
en abyme. « Je est un autre » écrit
le poète, « Je est tous les autres »
relance Guillaumon. Depuis le début des années 1970,
à partir d’habiles trucages photographiques, le cabotin
pastiche de célèbres tableaux de l’histoire
de l’art ou incarne différents personnages dans des
scènes comiques. Guillaumon est ainsi un « calculateur
» lorgnant derrière ses lunettes fumées les
toiles de De Chirico. Il est les trois personnages discutant à
bâton rompu entre eux. Il est les deux magnétiseurs
qui tentent d’hypnotiser sa propre personne.
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Il
est les trois acteurs qui jouent, inspirés, la scène
4 de l’Acte 3 d’une pièce inconnue. Il
est les quatre élèves studieux d’une académie
de peinture. Il est les frères jumeaux, Jean et Claude,
attablés. Il est le père et la mère qui
réprimandent le fils conçu à leur image. |
On pense à
Michel Journiac, aux auto-fictions de Cindy Sherman, et à
nombre d’artistes qui se sont retournés sur eux-mêmes
pour mieux se détourner de soi. Guillaumon se démarque
par son sens de l’humour, de l’auto-dérison et
de la mise en scène... Ne ratez pas son Hart Rock où,
sur des riffs de guitare, l’on chante « ô
Guillaumon, Guillaumon... ». Ni, surtout, son apothéose
: l’installation Une Vie... Dans une cave voûtée
et obscure, une centaine de photographies miniatures (de Guillaumon
bien sûr !) phosphorent sur des murs baignés des scansions
d’une bande sonore qui murmure « Guillaumon
», réclame «Guillaumon », beugle
«Guillaumon», acclame « Guillaumon
!», comme si du stade (du miroir) il était le
dieu. Guillaumon : une tranche de l’art et une grande tranche
de rire !
Jean-Emmanuel
Denave
(octobre 2004)
Jean-Emanuel
Denave, né en 1970, est critique et journaliste
(collaborations avec Sitartmag, l'Express, L'Art Aujourd'hui, Le
Petit-Bulletin Lyon). Amitiés d'écriture avec les
arts plastiques, la photographie et la danse contemporaine. Contact

www.galeriejmartinez.com
Jean-Claude
Guillaumon est né en 1943 à Lyon, il vit
et travaille à Genas. Depuis 1986, il dirige le
Centre d’arts plastiques de Saint-Fons (69).
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